Requins : un vote "historique" est attendu au 19e sommet des espèces menacées

Pour la première fois, la CITES pourrait pendre position sur un très grand nombre d'espèces de squales, qui représentent approximativement 90% du marché des ailerons de requin. Celui-ci dépasse les 500 millions de dollars par an.

Un sommet sur le commerce international des espèces menacées va décider jeudi s'il ratifie une initiative "historique" pour protéger les requins, qui donnerait un sérieux coup de frein au lucratif négoce de leurs ailerons. Cette question a été l'une des plus discutées à la 19e Conférence des parties (COP19) de la CITES, la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées, qui rassemble 183 pays et l'Union européenne.

Le sommet, débuté le 14 novembre 2022 et qui s'achève vendredi, pourrait faire entrer des dizaines d'espèces de requins requiem (Carcharhinidae) et de requins-marteaux (Sphynidae) dans l'Annexe II de la Convention limitant strictement le commerce de certaines espèces. Une initiative soutenue par l'Union européenne et une quinzaine de pays, dont le Panama hôte du sommet.

De nouvelles espèces de requins et de raies protégées (AFP - Julia Han JANICKI)
De nouvelles espèces de requins et de raies protégées (AFP - Julia Han JANICKI)

Il s'agit d'espèces qui ne sont pas encore menacées d'extinction mais pourraient le devenir si leur commerce n'était pas étroitement contrôlé. L'Annexe I, elle, interdit complètement le commerce de certaines espèces. Si la réunion plénière de jeudi donne son feu vert, "il s'agira d'une décision historique car pour la première fois la CITES prendrait position sur un très grand nombre d'espèces de requins qui représentent approximativement 90% du marché", a déclaré à l'AFP la déléguée panaméenne Shirley Binder.

Le marché des ailerons de requin dépasse les 500 millions de dollars par an (483 millions d'euros). Ils peuvent se vendre 1.000 dollars le kilo en Asie de l'Est pour confectionner des soupes très réputées.

Débat intense

Avant le vote prévu, un intense débat s'était déroulé trois heures durant, le 17 novembre, au sein d'un comité de la conférence, le Japon et le Pérou proposant d'exclure certaines espèces des mesures de protection - une mesure rejetée à bulletins secrets avant l'approbation des propositions pour renforcer les protection des requins requiem et [...]

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