Comment le requin blanc a contribué à l'extinction du mégalodon

Le requin blanc (Carcharodon carcharias) aurait été un trop
Le requin blanc (Carcharodon carcharias) aurait été un trop

Le requin blanc (Carcharodon carcharias) aurait été un trop "grand" concurrent pour le mégalodon dans la compétition alimentaire.  (Photo: Ken Kiefer 2 via Getty Images)

ANIMAUX - Il s’agit d’un titan, l’un des plus féroces prédateurs que la terre ait porté, mais cela ne l’a pas pour autant aidé à survivre. L’espèce mégalodon (de son nom scientifique Otodus Mégalodon), s’est éteinte il y a environ 3,6 millions d’années,  et si les circonstances de cette disparition sont encore floues, plusieurs hypothèses sont avancées par les chercheurs. 

L’une d’elles est notamment présentée dans une étude publiée ce mardi 31 mai dans la revue Nature Communications . Elle fait état de la concurrence opposée par une espèce apparue il y a 4 millions d’années, le grand requin blanc (Carcharodon carcharias). Si ce dernier fait figure de nain comparé au mégalodon, il a pourtant été un vrai challenger, participant ainsi à la disparition de l’un des plus grands carnivores de l’histoire. 

Compétition alimentaire 

Le régime alimentaire est un des fondements pour comprendre la place d’une espèce au sein de son écosystème . Et, c’est sur cet aspect que les chercheurs de cette nouvelle étude se sont penchés. Plus précisément, ils ont analysé diverses données afin de connaître le niveau trophique des différentes espèces, qui correspond à la place de chaque être dans la pyramide du vivant. 

Au total, l’étude porte sur vingt animaux différents, allant bien évidemment du mégalodon au grand blanc en passant par le requin taureau et le requin pèlerin. Les principales données fournies sont les isotopes (atomes) de zinc comme le montre le tableau ci-dessous .

Cet élément chimique que l’on retrouve dans l’émail des dents des requins peut être utilisé comme indicateur pour comprendre le régime alimentaire d’un animal et en déduire son niveau trophique dans l’écosystème.

Composition isotopique du zinc de dents et de râteaux branchiaux de la vingtaine de poissons analysés. (Photo: Mc Cormack Jeremy/ Nature Communications)
Composition isotopique du zinc de dents et de râteaux branchiaux de la vingtaine de poissons analysés. (Photo: Mc Cormack Jeremy/ Nature Communications)

Composition isotopique du zinc de dents et de râteaux branchiaux de la vingtaine de poissons analysés. (Photo: Mc Cormack Jeremy/ Nature Communications)

Une guerre perdue d’avance ? 

Les chercheurs ont alors découvert que le grand requin blanc et le mégalodon occupaient un lieu similaire au sein de l’échelle alimentaire durant leur période de coexistence au Pliocène (entre – 5,3 à – 2,6 millions d’années). Visant les mêmes ressources alimentaires (mammifères marins, cétacés...). Les grands requins blancs auraient littéralement vidé l’assiette des mégalodons. 

Cependant, il ne s’agit probablement pas de la seule cause d’extinction, puisque le changement climatique pourrait également avoir pesé dans la balance, et surtout dans cette guerre alimentaire. 

À cette époque, un refroidissement généralisé a lieu, entraînant l’expansion des calottes glaciaires et des modifications tectoniques comme la fermeture de l’isthme de Panama entre l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud. De quoi bouleverser les circulations des courants océaniques et faire subir la biodiversité du Pliocène.

En particulier, les baleines primitives, met de prédilection du mégalodon ont disparu. Comme l’explique pour Sciences et Avenir Guillaume Guinot, paléontologue spécialiste des requins anciens à l’Isem: “il semble probable que le mégalodon n’a pas pu se maintenir face à la baisse des ressources et à la réduction de son habitat préférentiel ”. 

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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