Nucléaire iranien: Les points les plus critiques restent à régler

·3 min de lecture
NUCLÉAIRE IRANIEN: LES POINTS LES PLUS CRITIQUES RESTENT À RÉGLER

VIENNE (Reuters) - Les points les plus critiques visant à relancer l'accord de 2015 relatif au nucléaire iranien ne sont pas réglés mais une issue finale positive ne semble pas hors de portée, ont rapporté samedi de hauts diplomates européens après une nouvelle séance de discussions à Vienne.

Les pourparlers indirects entre l'Iran et les États-Unis visant à rapprocher les vues des deux parties sur cet accord reprendront vendredi, a fait savoir pour sa part le chef de la délégation russe.

Mikhaïl Ulyanov, ambassadeur russe auprès des organisations internationales, a déclaré aux journalistes que les discussions sont en bon chemin mais qu'il ne faut pas s'attendre à des progrès significatifs.

De hauts diplomates européens du groupe dit E3 (France, Allemagne et Grande-Bretagne) ont jugé pour leur part qu'une issue favorable n'était "pas impossible".

"Nous ne sommes pas encore parvenus à un accord sur les points les plus critiques. Le succès n'est en aucun cas garanti, mais pas impossible", ont-ils fait savoir à la presse.

"Il nous reste beaucoup de travail et peu de temps. Dans ce contexte, nous aurions espéré plus de progrès cette semaine", ont-ils ajouté. "Nous apprécions le fait que les négociations se soient déroulées dans une atmosphère sérieuse et ciblée malgré les turbulences extérieures."

"Avec d'autres participants au JCPoA et les États-Unis, l'E3 travaille activement pour que ces négociations aboutissent", ont-ils aussi souligné.

LEVÉE DE SANCTIONS

Le chef de la délégation iranienne a déclaré quant à lui que Téhéran s'attendait à une levée des sanctions américaines visant notamment le pétrole, les banques, des personnes et des institutions.

"Les sanctions (...) sur le secteur énergétique iranien, qui incluent le pétrole et le gaz, ou celles sur l'industrie automobile, les sanctions financières, bancaires et portuaires, devraient toutes être levées sur la base des accords conclus jusqu'à présent", a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, cité par les médias d'État.

Des négociations ont démarré début avril à Vienne pour tenter de convaincre Américains et Iraniens d'appliquer l'accord de 2015 dont les Etats-Unis de Donald Trump se sont retirés en 2018 et dont l'Iran s'est progressivement affranchie depuis.

L'Union européenne joue les intermédiaires dans ces discussions auxquelles participent la Chine, la Russie, la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne - toutes signataires de cet accord appelé Plan d'action global commun (ou "Joint Comprehensive Plan of Action", JCPoA).

Les pourparlers se tiennent au Grand Hôtel de Vienne. La délégation américaine se trouve dans un hôtel voisin car l'Iran ne souhaite pas de négociations directes avec Washington.

Des participants espèrent trouver un terrain d'entente d'ici le 21 mai, date d'expiration de l'accord entre Téhéran et l'organisme de surveillance nucléaire de l'Onu concernant certaines activités nucléaires iraniennes.

Le conseiller américain à la Sécurité nationale, Jake Sullivan, a déclaré vendredi que les pourparlers étaient "dans le flou", témoignant de sa prudence quant aux chances d'un accord.

(John Irish et Francois Murphy, avec la rédaction de Dubaï, version française Elizabeth Pineau)