« En reprenant une vie normale, on a l’impression d’être privilégiés »

De notre correspondante à Lyon, Catherine Lagrange
·1 min de lecture
Certains restaurants rouvrent clandestinement. (Photo d'illustration)
Certains restaurants rouvrent clandestinement. (Photo d'illustration)

La devanture du bistro est obstruée de l'intérieur. La porte d'entrée est fermée à clé. Mais pourtant, en tendant un peu l'oreille, on y perçoit des signes d'activité : des voix, des rires, des bruits d'assiettes? C'est là, dans le cinquième arrondissement de Lyon, que Mathieu, 52 ans, patron d'une entreprise de conseil installée dans le quartier, a ses habitudes. Il lui suffit d'envoyer un SMS au patron du bistro pour réserver une table.

Le jour J, il pénètre dans l'établissement par la cour, à l'abri des regards indiscrets. C'est le commis qui vient ouvrir. La salle est déjà pleine. Des tables de deux, de quatre, et plus encore. Habitants du quartier, chefs d'entreprise, professionnels des métiers de bouches? Des habitués des lieux pour la plupart, mais pas seulement. Le bouche-à-oreille amène aussi de nouvelles têtes. « Mais la discrétion est de mise », prévient Mathieu, qui fréquente le lieu pour des déjeuners professionnels, avec des clients ou encore ses collaborateurs. Pour intégrer ce club assez fermé, encore faut-il connaître le code d'entrée, c'est-à-dire, être recommandé par un habitué fiable.

À LIRE AUSSIParis : le préfet fait fermer un café, le tribunal le rouvre

« Un moment suspendu »

La carte est réduite, risotto, entrecôte charolaise?, mais il est possible, avec un sourire, de se faire préparer un des plats dont le chef a le secret. La carte des vins, elle, est plus limitée qu'à l'accoutumée. En ses temps de Covid, le patron a manifestement hés [...] Lire la suite