Sur quoi repose la plainte de Gérald Darmanin à l'encontre d'Audrey Pulvar?

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Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin le 18 mai 2021 à l'Assemblée nationale à Paris - THOMAS COEX © 2019 AFP
Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin le 18 mai 2021 à l'Assemblée nationale à Paris - THOMAS COEX © 2019 AFP

La plainte de Gérald Darmanin, déposée au nom de son ministère, a-t-elle une chance d'aboutir? Ce dimanche, le ministre de l'Intérieur a indiqué avoir intenté un recours en justice contre Audrey Pulvar, tête de liste aux élections régionales en Ile-de-France, l'accusant de "diffamer la police", notamment après avoir jugé "glaçante" la manifestation policière devant l'Assemblée nationale de mercredi passé.

En réponse, la liste Île-de-France en Commun a réagi dans un communiqué diffusé sur Twitter, fustigeant "une atteinte à la liberté d'expression d'une extrême gravité" et annonçant à son tour déposer plainte contre le ministre de l'Intérieur.

Deux interventions ciblées

Sur quoi repose la plainte de Gérald Darmanin? Selon son entourage, interrogé par BFMTV, "la coupe est pleine" et il s'agissait de "marquer le coup". Ses proches pointent notamment la dernière déclaration d'Audrey Pulvar, vendredi sur l'antenne de France Inter.

La candidate avait alors estimé qu'"une manifestation soutenue par l’extrême-droite, à laquelle participe un ministère de l’Intérieur, qui marche sur l’Assemblée nationale pour faire pression sur les députés en train d’examiner un texte de loi concernant la justice, c’est une image qui pour moi était assez glaçante".

Une autre déclaration sera ajoutée au dossier. Datant de 2020, elle a été exhumée sur les réseaux sociaux ce week-end par Pierre Liscia, soutien de Valérie Pecresse et lui-même candidat aux régionales. Dans le cadre d'une manifestation contre les violences policières organisée quelques jours après la mort de George Floyd aux États-Unis, Audrey Pulvar avait pris la parole en public et dénoncé le racisme au sein des forces de l'ordre.

"Le racisme dans la police c’était Charonne, en 1962. Le racisme dans la police c’était il y a 30 ans l’assassinat de Malik Oussekine et la famille attend toujours les excuses de la police française pour cet assassinat. La violence et la racisme dans la police, c’était, il y a 15 ans, Zyed et Bouna, pour lesquels nous attendons encore les excuses de la police. La police et le racisme dans la police c’est évidemment aujourd’hui Théo, c’est évidemment Adama (Traoré)", avait-elle dit.

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Prescription

Ce dimanche, quelques heures avant l'annonce de Gérald Darmanin, le SCPN, syndicat des commissaires de la police nationale, avait partagé la publication de Pierre Liscia et avait souhaité "une plainte du ministère de l'Intérieur". Pourtant, légalement, la prescription pour de supposés faits de diffamation ne peut en effet dépasser les trois mois.

Ne restent donc que les dernières déclarations de la candidate, auprès du service public, qui ne peuvent que difficilement tomber sous le coup de la loi. L'entourage de Gérald Darmanin est donc un peu gêné aux entounures quand on lui demande précisément les motivations juridiques de la plainte.

Article original publié sur BFMTV.com

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