[Reportage] Venezuela: mobilisation en demi-teinte pour l’opposant Juan Guaido

Plusieurs milliers de Vénézuéliens ont répondu à l’appel de Juan Guaido à Caracas et dans plusieurs autres grandes villes du pays samedi 16 novembre. On est encore loin des grandes manifestations du début de l’année, mais ce n’est pas un échec total pour l’opposant qui a bénéficié d’un léger regain d’espoir lié à la démission d’Evo Morales en Bolivie.

Avec notre correspondant à Caracas,  Benjamin Delille

« Après Evo, au tour de Maduro », peut lire sur les banderoles de la place José Curti, au centre de Caracas. Manuel, 35 ans, agite un drapeau bolivien. Il avoue que sans la crise en Bolivie, il n’aurait pas manifesté.

« C’est clair que le Vénézuélien a perdu cette force, cette étincelle. Il s’est endormi et a abandonné la rue. Mais de voir qu’en Bolivie ils ont eu le courage de faire démissionner Evo Morales, ça remotive. »

Certes, c’est un regain timide, car la majorité des Vénézuéliens a préféré rester chez elle. Mais selon Désirée, une militante transgenre, c’est un bon début.

« On espère qu’après aujourd’hui les gens vont s’unir à nouveau pour manifester. Mais beaucoup ont peur, parce que vivre au Venezuela avec la répression des forces de sécurité, c’est risqué : personne n’est libre, il y a beaucoup de violations de droits de l’homme. »

L’attitude des forces de l’ordre, c’est justement ce qui distingue le Venezuela de la Bolivie estime la députée Delsa Solorzano : « En Bolivie, par chance, les forces armées et la police se sont manifestées en faveur du peuple. Ici, nous avons une armée et une police qui est complice de tout ce qu’il se passe au Venezuela. »

Reste que Juan Guaidó a tout fait pour surfer sur la crise bolivienne. Après son discours, il a entraîné le cortège jusqu’à l’ambassade de Bolivie, en soutien à Jeanine Añez, la nouvelle présidente par intérim.

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