REPORTAGE. Rixes entre bandes : dans l'Essonne, une violence nourrie par les rivalités, l'enclavement et les réseaux sociaux

Catherine Fournier
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Ils s'avancent les uns après les autres à la barre. Dix jeunes majeurs sont jugés, vendredi 5 mars, devant le tribunal judiciaire d'Evry-Courcouronnes (Essonne). Ils comparaissent pour leur "participation à un groupement en vue de violences volontaires". Une "infraction obstacle" pour éviter le "match retour", selon la procureure. Ces habitants du quartier du Plateau, sur les hauteurs de Ris Orangis, ont été interpellés juste avant la confrontation avec le groupe rival du Champtier-du-Coq, à Evry, samedi 23 janvier, deux jours après un premier affrontement.

L'Essonne est confrontée à une recrudescence et une aggravation du phénomène de rixes entre bandes. Si cette augmentation concerne toute l'Ile-de-France, le département totalise à lui seul la moitié des bagarres de ce type en grande couronne en 2020 : 91 sur 186, selon le ministère de l'Intérieur. Et dénombre quatre morts en moins d'un an : deux à Massy et Draveil à l'été 2020 et deux pendant les vacances de février, à Boussy-Saint-Antoine et Saint-Chéron. Trois des victimes avaient entre 14 et 15 ans.

Un département jeune, une urbanisation rapide

"Nous, on ne va pas jusqu'à la mort", assurent les prévenus avant l'ouverture de l'audience. Agés de 18 à 20 ans, ils marchent vers la barre avec l'enthousiasme d'un élève appelé au tableau. Assurant eux-mêmes leur défense, ils livrent une version identique : un "guet-apens" tendu par les ennemis de toujours, alors qu'ils rentraient d'une fête d"anniversaire.

Certains ont (...)

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