REPORTAGE. Dans les méandres du théâtre enseveli d'Herculanum, là où naquit il y a trois siècles l'archéologie

Resté longtemps inaccessible au public, le théâtre souterrain d'Herculanum, seul vestige encore prisonnier de la lave parmi les parties de la ville antique découvertes jusqu'ici, se visite désormais sur réservation. Reportage dans un lieu unique, tant pour ce qu'il est que pour ce qu'il représente.

Sous la pluie battante qui tombe en ce jour d’avril dans la baie de Naples, pourtant réputée pour son ensoleillement propice à l’épanouissement des citrons, le petit bâtiment néoclassique teinté d’un ocre délavé passe totalement inaperçu. Seule une plaque gravée indique en italien et en chiffres romains ce qu'il cache derrière sa lourde porte en métal d’ordinaire close : "Entrée du théâtre d’Herculanum. Agrandie et facilitée pour le confort des visiteurs. 1865."

Il est vrai qu’on ne s’attend pas vraiment à descendre à partir de ce point, situé au beau milieu d’une rue passante de la ville d’Ercolano - une banlieue tranquille et populaire de Naples -, dans les entrailles de la Terre. Ou plutôt, dans un labyrinthe souterrain creusé directement dans la matière volcanique, celle-là même qui recouvrit, en 79 après J.-C., ce qui était alors une petite station balnéaire fréquentée par de riches familles de l’Empire romain.

Puits aux trésors

En 1709, en forant un puits dans son champ, un paysan surnommé Enzechetta tombe sur un morceau de marbre. De ce trou de 25 mètres de profondeur, il ne tarde pas à en ressortir des dizaines d’autres, de nuances différentes. La nouvelle parvient jusqu’aux oreilles d’Emmanuel-Maurice de Lorraine, duc d’Elbeuf, qui mène des fouilles à ses frais pendant neuf mois, persuadé qu’il vient de découvrir un temple dédié à Hercule. Outre les plaques de marbre qu’il extrait du puits pour embellir sa villa en construction sur le port de Granatello, à Portici, il fait remonter à la surface des colonnes sculptées et de magnifiques statues qu’il vend ou offre dans un but diplomatique. Mais ce juteux commerce au profit d’un seul homme agace la papauté, qui parvient à mettre un terme au pillage : Elbeuf n’a plus le droit de remonter quoi que ce soit de cette cave aux merveilles, qui n’est donc pas un temple comme il le croyait, mais bien une salle de spectacle vieille de 1.800 ans.

L'entrée du théâtre, située dans la ville moderne, à l'extérieur du parc [...]

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