REPORTAGE. Comment l'entreprise Poulehouse fait appel à la science pour s'occuper des vieilles poules

La société Poulehouse, qui commercialise depuis septembre 2017 des œufs issus de poules qui ne sont pas abattues à leurs 18 mois, a ouvert les portes de sa ferme pilote à Sciences et Avenir. Reportage.

"C'est l'œuf qui ne tue pas la poule" que l'on retrouve dans les boîtes jaunes ou vertes de la société Poulehouse. A 18 mois, les poules pondeuses, désormais moins productives, sont envoyées à l'abattoir, également dans les élevages bio. Avec Poulehouse, les éleveurs volontaires s'engagent auprès de la société à ne pas tuer leurs animaux en échange d'une rémunération avantageuse. La boîte de six œufs bio est ainsi commercialisée 5,99 euros. Les poules qui ne sont plus assez productives sont réformées et envoyées au refuge Poulehouse, aussi nommé la Maison des poules.

Dans cette ferme pilote de 16 hectares située à quelques kilomètres de Limoges, la réflexion du bien-être animal va encore plus loin. Les fondateurs veulent s’assurer que de la naissance au trépas, chaque poule recevra des soins adaptés. Et ce désir passe forcément par la recherche.

Le sexage in ovo pour lutter contre le broyage des poussins mâles

"L’idée est de créer un nouveau segment, assure à Sciences et Avenir Fabien Sauleman, co-fondateur de la société et président. Il s‘agit de la construction d’un modèle où se situe, en son cœur,  le bien-être". Le défi est de taille : dès la naissance, 50 millions de poussins mâles sont broyés chaque année en France. 50 millions de poules sont quant à elles épointées c’est-à-dire qu’une partie du bec est retirée pour éviter le picage. "Ce n’est pas souvent mentionné mais cette amputation peut conduire à la mortalité des poussins", poursuit Fabien Sauleman.

Au cœur de la ferme pilote, quelques poules bien particulières bravent le froid pour se dégourdir les pattes. Elles sont des pionnières. Les œufs contenant ces 700 poulettes sont passés tout d’abord entre les mains expertes de l’entreprise allemande Seleggt capable de déterminer le sexe des poussins avant l’éclosion. Pour éviter la mort de ces millions d'animaux, l'entreprise allemande a développé une technologie particulière : "l'indentification endocrinologique du genre", basée su[...]

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