REPORTAGE. Les eaux des fleuves européens polluées au plastique

Surfant sur une mer houleuse balayée par un soleil furtif, la goélette scientifique Tara a rejoint le 23 novembre 2019 son port d’attache de Lorient, après six mois de navigation autour de l’Europe. Durant cette période, elle a remonté neuf de ses principaux fleuves (Tamise, Elbe, Rhin, Seine, Èbre, Rhône, Tibre, Garonne, Loire), de l’estuaire jusqu’à l’amont de la première grande ville rencontrée. L’objectif était d’étudier la pollution plastique dans leurs eaux. Cette mission a permis de collecter 2.700 échantillons prélevés sur 45 sites. En septembre, Sciences et Avenir a accompagné la goélette sur le Tibre. Tara avait alors jeté l’ancre dans le port d’Ostie, non loin de Rome.

L'équipage de Tara, à Lorient. © Sylvie Rouat

Sur le terrain, l’équipe de scientifiques embarqués, dont l’océanographe Jean-François Ghiglione, coordinateur de la mission, se divise en deux : une équipe étudie sur les rives les laisses de mer, tandis que l’autre remonte le fleuve en bateau. Anne-Leila Meistertzheim et Caroline Pandin composent ce jour-là l’équipe "Terre". Pour atteindre une plage déserte jouxtant un groupe de maisons en déshérence, il faut d’abord sillonner entre les sacs poubelle éventrés et autres déchets improbables. Les chercheurs déploient ensuite leur protocole : un mètre ruban déroulé en tout sur 100 mètres. Accroupis au plus près du sol, armés de seuls gants, sacs de prélèvements et pincettes, ils prélèvent avec une très grande minutie et sur un mètre de large autour du ruban jusqu’aux plus infimes des déchets plastiques échoués sur le sable. "Il y en a tellement que l’on ne sait par où commencer", s’exclame Caroline Pandin. Fil de pêche, briquets, bouchons ou larmes de sirène, ces petites billes qui constituent la matière première plastique approvisionnant les usines et dont des milliards sillonnent les mers chaque jour à bord de conteneurs. "L’accumulation de ces larmes de sirène est particulièrement catastrophique sur cette plage", rema[...]

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