[Reportage] Chili: faute de solution à la crise, l’économie tourne au ralenti

Le mouvement social au Chili pour protester contre les inégalités et demander des réformes sociales profondes dure maintenant depuis près d'un mois. Et il n'est pas sans conséquence pour l'économie du pays, qui tourne au ralenti depuis le début des manifestations. Les chambres de commerces chiliennes affirment que près de « 200 000 emplois pourraient être détruits » dans les prochaines semaines, faute de trouver des solutions à la crise sociale.

Avec notre correspondante à Santiago, Justine Fontaine

Dans le centre de Santiago, de grands magasins renforcent leurs rideaux de fer, par crainte de saccages, tandis que Maria Teresa, une podologue qui travaille à son compte, attend des clients, à l'entrée d'une galerie commerciale : « J'ai beaucoup moins de clients qu'avant, cela a baissé de plus de 50% en un mois. Car les gens rentrent directement chez eux après le travail. » En effet à cause des manifestations, les transports publics sont perturbés et s'arrêtent plus tôt.

Bastian, lui, vient de se faire licencier avec 7 autres personnes. Il travaillait dans une entreprise de publicité et d'évènementiel. « Les projets sur lesquels on travaillait, et ceux auxquels l'entreprise a postulé ont été annulés ou reportés, raconte-t-il. Cela a affecté le budget de l'entreprise, et ils ont donc supprimé des postes. »

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Mais certains Chiliens affectés par ces difficultés économiques n'en veulent pas pour autant aux manifestants. Manuel Casanova tient un pressing dans le centre-ville. Son activité a baissé de près de 60% en un mois, mais les demandes sociales des Chiliens, c'est la priorité, dit-il : « C'est beaucoup plus important. Je préfère que les autorités règlent ça d'abord, et les commerces ce sera pour plus tard. » Il a de quoi tenir 3 ou 4 mois dans ces conditions, sans licencier de personnel, affirme-t-il.