REPORTAGE. Au cœur du chantier de Notre-Dame

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Deux ans après l'incendie de la cathédrale de Paris, Sciences et Avenir a pu franchir les portes de l'édifice meurtri pour découvrir l'achèvement du tri des vestiges et les premiers enseignements qu'ils livrent pour la restauration et la recherche.

Cet article est issu du magazine Sciences et Avenir - La Recherche n°890 daté avril 2021.

En ce matin ensoleillé de mars, Notre-Dame de Paris est ouverte à tous les vents. Au sens propre. Portes, lucarnes, fenêtres, tout ce qui peut rester ouvert et laisser circuler l'air l'est. Au premier étage, dans le triforium, des affichettes demandent de laisser grandes ouvertes, "pour aération", les trappes des combles des bas-côtés, révélant des voûtes habituellement invisibles. Il y a deux ans, dans la soirée du 15 avril 2019, l'eau des pompiers déversée sur l'édifice pour éteindre l'incendie qui a détruit le toit, la charpente et la flèche, a tout imprégné : les murs, les sols, le mortier. Sans parler des intempéries qui ont pu ensuite entrer par les deux béances de la voûte effondrée, dans la nef et à la croisée du transept. Depuis, des bâches géantes tentent de protéger l'intérieur. "C'est difficile de colmater totalement quand il y a de grosses pluies, note Aline Magnien, directrice du Laboratoire de recherche des monuments historiques (LRMH) chargé de l'analyse des vestiges de pierre de la cathédrale. Nous continuons à suivre les mouvements d'eau et à étudier la dynamique du séchage. Ces données sont importantes car il ne pourra pas y avoir de restauration complète tant que le bâtiment ne sera pas sec. "

Deux ans après le drame, il n'est pas encore question de restauration

Ceinturés de palissades métalliques, Notre-Dame de Paris et son parvis sont devenus un vaste chantier, placé sous l'égide d'un établissement public ad hoc, présidé par le général Jean-Louis Georgelin. Au-dessus de l'édifice cerné d'échafaudages, la grue de 75 mètres décrit des cercles silencieux. Autour, semi-remorque et chariots élévateurs s'activent dans le bruit des moteurs tandis que circulent ouvriers, techniciens et chercheurs en tenue de protection, certains équipés de combinaisons jetables ou de masques à ventilation assistée. Le site est en effet régi par un rigoureux protocole sanitaire dû [...]

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