Report d'interventions chirurgicales: "Au bloc opératoire, on leur met le tuyau dans la bouche, ils dorment, puis on leur dit qu'on ne peut pas le faire"

France 2

Des cas de report d'opérations, il y en a des centaines au CHU de Nantes : 320 en 2017 (pour 1 300 malades), environ 300 en 2018, selon la CGT. "C'est énorme !" Le docteur Hubert-François Carton, qui a été chirurgien dans cet hôpital pendant quatorze ans, est le premier à les avoir dénoncés.

Le témoignage que "Complément d'enquête" a pu enregistrer fait entendre la colère du médecin : "Il y a des malades qui descendent au bloc opératoire, on leur met le tuyau dans la bouche, ils dorment... explique-t-il. Et on leur dit : 'Ah ben non, on ne peut pas le faire.' Il faut qu'ils remontent. Donc on réveille le malade... on réveille le malade ! Il quitte le bloc opératoire, il remonte dans sa chambre, et l'après-midi, il sort à la maison."

Des malades sur liste d'attente... qui décèdent en attendant leur opération

De retour chez eux, ces patients sont placés sur liste d'attente. Une attente qui peut être longue : le CHU est le seul de la région à réaliser des opérations lourdes de chirurgie cardiaque. "A Paris, il a des malades qui sont opérés dans les deux, trois jours. Et à Nantes, il faut quatre ou cinq mois ! Et ils décèdent !" Pourquoi ? Dans le contexte de crise que connaît l'hôpital public, la réponse du Dr Carton est presque attendue : "Il n'y a pas assez de personnel, pas assez de créneaux opératoires pour pouvoir opérer tous les malades de la région du Grand Ouest."

Ce médecin s'est bagarré pendant (...)

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