Renzi menace de faire tomber le gouvernement si Rome ne change pas de stratégie face au COVID-19

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RENZI MENACE DE FAIRE TOMBER LE GOUVERNEMENT SI ROME NE CHANGE PAS DE STRATÉGIE FACE AU COVID-19

ROME (Reuters) - Le gouvernement italien doit revoir sa stratégie face à l'épidémie de nouveau coronavirus, a prévenu vendredi l'ancien président du Conseil Matteo Renzi qui menace une fois de plus de lui retirer son soutien à la Chambre des députés.

"Nous demandons un changement et nous l'avons clairement énoncé par une série de propositions", a déclaré Matteo Renzi dans une interview accordée au Corriere della Sera.

"(...) Parlons enfin des choses sérieuses et voyons si nous sommes d'accord. Si c'est le cas, gouvernons, dans le cas contraire, le gouvernement rentrera chez lui."

Italia Viva, sa formation politique, appartient à la coalition actuellement au pouvoir à Rome et qui regroupe le Parti démocrate et le Mouvement 5 Etoiles (M5S), ce qui ne l'empêche pas d'égratigner régulièrement le gouvernement dirigé par Giuseppe Conte.

S'il est inexistant dans les sondages, son parti est indispensable à la courte majorité parlementaire de la coalition.

De nouvelles tensions sont apparues ces dernières semaines, la classe politique divergeant sur la manière d'employer la manne de plus de 200 milliards d'euros que Rome obtiendra de l'UE dans le cadre du Fonds de relance post-pandémique.

Matteo Renzi a demandé à plusieurs reprises à Giuseppe Conte de renoncer à former une équipe chargée de superviser l'emploi des fonds européen, disant redouter que cela aboutisse à une marginalisation du Parlement.

Ce n'est pas la première fois cette année que Matteo Renzi menace ainsi le gouvernement de Giuseppe Conte. En février dernier, il avait brandi l'hypothèse d'un départ de la coalition gouvernementale pour protester contre une réforme controversée de la justice, sans mettre sa menace à exécution.

"Les populistes sont préoccupés par les courbes des sondages, mais pour nous, la vraie tragédie, c'est la courbe du chômage. Je ne m'intéresse pas à la répartition des portefeuilles ministériels, je m'intéresse au nombre de personnes vaccinées."

(Angelo Amante; version française Nicolas Delame)