La rentrée : un non-événement aux États-Unis

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Le café est encore chaud et la fumée qui s’en dégage semble se confondre avec la brume matinale qui s’est abattue sur la ville. Rien ne semble troubler la torpeur de cette nouvelle journée d’été, si ce n’est un incessant bruit de moteur se faisant de plus en plus insistant. Encore des réparations sur le système d’évacuation des eaux ? La rue a en effet une fâcheuse tendance à se transformer en rivière au moindre orage – climat tropical oblige. Coup de klaxon. Le moment est venu d’observer ce qui se passe – et le travail attendra.

Étrange vision : une couleur jaune vif, tranchant avec le climat brumeux de cette matinée d’été, me saute aux yeux. Et pour cause, environ cinq bus scolaires – les fameux school buses – sont alignés le long de la rue, déposant des hordes d’enfants devant l’école voisine. C’est la rentrée et personne ne m’a prévenu ? Mes cauchemars d’enfant se seraient-ils matérialisés une bonne fois pour toutes ? Je consulte au plus vite le journal et mon cœur semble s’arrêter (heart skipped a beat, y’all) : c’est bien la rentrée scolaire. Mais comment ai-je pu passer à côté de cette information capitale ? Et puis, pourquoi la rentrée a-t-elle lieu dès la deuxième semaine d’août ? Une petite mise au point s’impose.

Une rentrée décentralisée

C’est la rentrée scolaire, certes. Il s’agit pourtant uniquement de la rentrée pour les écoles publiques de La Nouvelle-Orléans. Les écoles privées (qui scolarisent, rappelons-le, un nombre important d’enfants en Louisiane) ont une date de rentrée différente (en bref, elles font ce qu’elles veulent), et la date de rentrée des écoles publiques varie de paroisse en paroisse (oui, la Louisiane est subdivisée en paroisses, ou parishes, et non en counties). Et je ne parle même pas du reste du pays. En somme, la rentrée scolaire peut se tenir aussi bien la première semaine d’août que la première semaine de septembre (avec tout de même une préférence pour la troisième semaine d’août pour la plupart des établissements). Bienvenue dans un système décentralisé à l’extrême – dans lequel l’école on est loin d’être perçue comme l’institution “républicaine” par excellence, contrairement à la France.

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