"Renfermé", "taiseux" : les parents du meurtrier présumé de trois Kurdes dressent le portrait de leur fils

Les forces de l'ordre rue d'Enghien, à Paris, le 23 décembre 2022, après l'attaque - BFMTV
Les forces de l'ordre rue d'Enghien, à Paris, le 23 décembre 2022, après l'attaque - BFMTV

Les parents de William M. ont décrit au Parisien un homme solitaire depuis toujours, qui ne s'est jamais remis d'un cambriolage à son domicile en 2016.

"Il a toujours été renfermé, taiseux". William M., 69 ans, est soupçonné d'avoir assassiné trois Kurdes vendredi dernier à Paris. Il a été mis en examen et placé en détention provisoire lundi. Lors de sa garde à vue, il s'est décrit comme "dépressif" et "suicidaire". Il s'est aussi déclaré comme ouvertement "raciste", expliquant avoir "toujours eu envie d'assassiner des migrants, des étrangers".

Le journal Le Parisien est allé à la rencontre des parents nonagénaires du tireur présumé, qui cherchent à comprendre les motivations de leur fils dans l'attaque meurtrière de la rue d'Enghien, dans le Xe arrondissement de la capitale.

Une vengeance "qu’il mûrit depuis l’affaire du cambriolage"

Dans un communiqué du parquet ce week-end, il est souligné qu'un cambriolage au domicile de William M., en 2016 semble avoir agi comme le déclencheur d'une "haine des étrangers devenue complètement pathologique." Le père comme la mère confirment l'effet important de cet événement sur leur fils.

"C’est un acte impardonnable et une vengeance totalement disproportionnée qu’il mûrit depuis l’affaire du cambriolage de sa maison, à Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis)", déclare le père au quotidien.

En février 2016 le tireur présumé a surpris à son domicile trois jeunes hommes. Adepte des arts martiaux, il décide d'en découdre avec eux au couteau: deux seront grièvement blessés. En arrivant sur place, la police découvre dans l'habitation une trentaine d'armes, dont des armes de guerre, que son permis ne lui autorise pas. William M. sera condamné pour détention prohibée d'armes et mis en examen pour l'agression au couteau de ses cambrioleurs et écopera d'une peine de douze mois de prison avec sursis dont il a fait appel.

"Récemment, deux de ses trois cambrioleurs, ceux qui ont été blessés, ont décidé de le poursuivre au civil et lui réclamaient 30.000 euros chacun de dommages et intérêts", assure la mère de William M. Selon elle, "cela a décuplé sa rage contre les étrangers".

"Il était comme un zombie ces derniers jours"

Le suspect est aussi soupçonné d'une attaque au sabre contre un camp de migrants en décembre 2021. Un an plus tard, les investigations sur cette attaque "sont toujours en cours", indique à l'AFP une source judiciaire. Placé en détention provisoire, il avait été remis en liberté, le 12 décembre, sous contrôle judiciaire, avec notamment l'interdiction de détenir une arme.

La mère, qui explique voter Rassemblement national, comme le père, qui se dit quant à lui de gauche, assurent ne pas connaître à leur fils d'appartenance à un quelconque groupe politique.

Après le cambriolage de 2016, le tireur présumé était retourné vivre chez ses parents, dans une chambre de 6m², selon Le Parisien. "Depuis son plus jeune âge, il a toujours été renfermé, taiseux", rapporte le père. Toutefois le couple ajoute que depuis sa récente sortie de prison, leur fils avait changé, "il était comme un zombie ces derniers jours. Mais comme il ne parlait que très peu, on ne se doutait de rien".

Ils décrivent une vie solitaire, sans alcool, ni tabac, ni téléphone portable et une passion pour les langues: l'homme aurait appris seul à lire et parler le russe et l'hébreu.

La veille du triple meurtree, les parents ne se sont doutés de rien. "Nous avons joué au Scrabble comme si de rien n’était", raconte la mère de William M. au Parisien. Le matin des faits, "il n'a rien dit en partant (...) Il est cinglé. Il est fou", avait réagi le père du suspect auprès de l'AFP vendredi.

Article original publié sur BFMTV.com

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