Rencontre avec une évacuée de Marioupol dans le camp de la ville de Bezimmen

Marioupol est sous contrôle des forces pro-russes, à l’exception de l’usine Azovstal où plusieurs centaines de combattants sont retranchés. Plusieurs évacuations de civils ont eu lieu, dont nombre de femmes et d’enfants. Certains sont déjà repartis à Marioupol mais d’autres se trouvent encore dans le camp de la ville de Bezimmen, à quelques kilomètres à peine de la sortie de Marioupol en direction de la Russie. Rencontre avec Lyudmila, une de ces femmes.

Avec notre envoyée spéciale à Bezimmen, Anissa El Jabri

Une vingtaine de tentes blanches et bleues plantées le long de la route dans les rafales de vent venues de la mer. Pour entrer dans le camp d’évacués de Bezimmen, il faut montrer patte blanche.

Au détour d’une allée dans la poussière surgit la fine silhouette de Lyudmila, 59 ans, le visage pâle après deux mois et demi dans les souterrains d’Azovstal. Elle cligne des yeux et peine encore à s’habituer à la lumière qui baigne le camp. « Bien sûr, après ce que nous avons vécu, nous avons été soulagés avec ma famille d’arriver ici. Là-bas, c'était dur et effrayant. Humide, moisi. Les vêtements étaient tous moisis. C'est cet air moisi que nous avons respiré. Ici au moins nos poumons sont libres. Il y a eu de l'hystérie aussi. Les tout premiers jours et aussi les derniers jours avant notre départ. »

Le désir de retrouver Marioupol

Lyudmila insiste, elle et sa famille n’ont pas été forcées à se cacher dans Azovstal. Et aujourd’hui, après avoir repris des forces, elle ne pense qu’à une chose : retourner à Marioupol. « Parce que nous n'avons nulle part où aller. Nous n'avons ni amis ni parents ailleurs. Et là-bas, la reconstruction a commencé, la ville finira bien par être restaurée. Au début, oui, il n'y aura pas d'électricité, pas d'eau, rien. Mais avec le temps, tout reviendra. Et puis nous avons vécu dans de telles conditions que par rapport à ce qu’on peut vivre aujourd’hui à Marioupol, on peut s’habituer à tout maintenant. »

Les évacués d’Azovstal qui ont pu trouver une voiture sont d'ailleurs déjà repartis dans leur ville.

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