À l'offensive, Renault vise cinq millions d'unités vendues en 2022

Tangi QUEMENER
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Le PDG de Renault, Carlos Ghosn, lors d'une conférence de presse le 6 octobre 2017, à La Défense, près de Paris

La Défense (France) (AFP) - Le groupe Renault veut vendre cinq millions de véhicules en rythme annuel en 2022, soit une hausse de 44% par rapport à 2016, a indiqué vendredi son PDG Carlos Ghosn en présentant un plan stratégique offensif.

Cette feuille de route va s'appuyer sur une "croissance mondiale" des ventes, mais aussi sur une réduction des coûts de fabrication, a précisé M. Ghosn lors d'une conférence à La Défense, près de Paris. Il a assuré qu'elle était basée sur des "hypothèses relativement conservatrices" d'évolution des marchés.

Au terme de ce nouveau plan baptisé "Drive the future", l'entreprise au losange ambitionne d'atteindre un chiffre d'affaires de plus de 70 milliards d'euros, ainsi qu'une marge opérationnelle de 7% et un flux de trésorerie positif chaque année.

Les 44% de progression sont calculés à partir des 3,47 millions d'unités vendues par le groupe Renault en 2016, en incluant Avtovaz, le fabricant russe des Lada consolidé depuis début 2017.

Hors Avtovaz, Renault a vendu 3,18 millions de véhicules l'année dernière et a réalisé un chiffre d'affaires de 51,2 milliards d'euros, avec une marge opérationnelle de 6,4%.

Le plan prévoit de réduire la dépendance de Renault vis-à-vis de l'Europe, où il a réalisé encore 56,7% de ses ventes en 2016.

Renault ambitionne ainsi un "doublement des ventes en dehors de l'Europe" avec une "accélération des activités en Chine", le plus gros marché automobile mondial où il veut écouler 550.000 unités en 2022 contre 35.000 en 2016.

En Russie, le groupe vise plus de 1,1 million de Renault et Lada vendues en rythme annuel (649.000 en 2016). Il veut aussi vendre plus de 250.000 unités par an en Inde et en Iran à la fin du plan, contre respectivement 132.000 et 109.000 véhicules livrés l'année dernière.

La société promet aussi un "élargissement de la gamme" à bas coût, commercialisée sous le logo Dacia en Europe, et qui, a révélé M. Ghosn vendredi, vient de dépasser les 10 millions d'unités cumulées vendues depuis 2004.

Renault a également promis que sa gamme 100% électrique passerait de trois véhicules aujourd'hui à huit en 2022.

Douze modèles hybrides (carburant-électricité) seront en outre commercialisés à cet horizon, dont une version de la prochaine Clio, ainsi que "15 véhicules Renault autonomes", a précisé l'entreprise qui veut investir 18 milliards d'euros en recherche et développement au total d'ici à 2022.

En matière de mobilité électrique, "nous étions pionniers hier, nous sommes leaders mondiaux aujourd'hui" en prenant en compte l'alliance avec Nissan et Mitsubishi, l'ambition étant désormais d'en faire une "activité cruciale et rentable", a encore dit le PDG.

- Réduction des coûts -

La nouvelle génération des véhicules électriques de Renault sera construite sur une plateforme commune avec ses partenaires japonais, tandis que "80% des véhicules du groupe Renault" seront construits sur des plateformes communes.

Le groupe au losange, qui fêtera l'année prochaine ses 120 ans, ne s'est jamais aussi bien porté, ayant dégagé en 2016 un bénéfice net "record" de 3,54 milliards d'euros.

Il doit en partie cette santé à sa place dans l'alliance industrielle franco-japonaise, qui s'est targuée d'avoir réalisé cinq milliards d'euros d'économies d'échelle en 2016, l'objectif étant de les doubler d'ici à 2022.

À cette même échéance, l'entité, qui a revendiqué la première place mondiale en termes de volumes au premier semestre 2017, veut vendre 14 millions d'unités, soit +40% par rapport à 2016.

Renault, de son côté, a l'intention de réaliser 4,2 milliards d'euros d'économies dans ses processus de fabrication sur la durée de "Drive the future", en hausse d'un milliard par rapport au précédent plan stratégique, a indiqué M. Ghosn.

"Le constructeur français de 2005, qui dépendait d'un modèle (...) et d'un pays, la France, est désormais une entreprise mondiale rentable, résistante et multipolaire, et le sera encore plus à la fin du plan", a affirmé son PDG, dressant un bilan de son action à la tête du groupe.

Côté emploi, M. Ghosn a indiqué que son groupe prévoyait "35.000 embauches à l'échelle mondiale" pendant la durée du plan, tout en précisant qu'"une très grande partie de ces recrutements seront des remplacements".

Hors Avtovaz, le groupe Renault comptait fin 2016 quelque 124.000 employés, dont le quart en France. Avec ses marques Renault, Dacia, Samsung Motors, Alpine et Lada, il est présent dans 127 pays.

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