Renault met l'électrique au cœur de son plan stratégique pour redresser la barre

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Quand Renault fait sa révolution, cela donne la « Renaulution ». Le plan stratégique du constructeur automobile français a été présenté ce jeudi 14 janvier pour relancer l’entreprise en grande difficulté. De nouveaux modèles sont prévus, et l’accent est mis sur la voiture électrique.

Renault va mal. Les chiffres dévoilés en début de semaine n'étaient qu'une confirmation : les ventes mondiales ont chuté de 21% l'année dernière. Une année 2020 pleine de remous pour Renault : la crise du Covid-19 bien sûr, mais aussi le changement de directeur général. Carlos Ghosn, accusé de malversations financières, a été remplacé cet été par l'Italien Luca de Meo, ancien PDG de Seat.

Un plan d'économie est également en cours. Près de 15 000 suppressions de postes sont prévues dans les différentes usines et dans les technocentres. Renault vend moins, le constructeur doit se renouveler et rebondir. Pour cela, Renault va « produire moins, être plus économe et ne viser que les marchés rentables pour redresser ses marges », a annoncé le groupe ce jeudi matin.

Le plan d'économie, lancé en mai dernier, est achevé « en avance ». Il sera donc étendu à 2023 pour atteindre 2,5 milliards d'euros d'économies, avec un objectif d'au moins 3 milliards d'euros d'ici quatre ans. Le groupe va également redimensionner sa capacité industrielle. De 4 millions de véhicules produits en 2019, il passera à 3,1 millions en 2025.

Dix nouveaux modèles électriques

Le constructeur automobile, pourtant bien parti dans la course à l'électrique avec la célèbre Zoé en 2012, a peu à peu pris du retard sur ses concurrents. On retrouve donc au cœur de la stratégie de Renault dix nouveaux modèles électriques. Parmi eux, une Dacia à batterie. Renault souhaite en faire la voiture électrique la moins chère du marché.

Luca de Meo explique que « Renault veut œuvrer à la "démocratisation" de l'électrique ». Il pourra s'appuyer sur un nouveau modèle : le retour de la mythique R5, voiture historique de Renault, star des années 1970 (voir encadré). Du rétro dans le style pour un engagement un peu plus important dans la transition écologique.

Des syndicats inquiets

Cette stratégie globale est très critiqué par les syndicats. Dans un communiqué, la CGT fustige ce plan stratégique, qu'elle qualifie d'« opération de communication dont l'objectif est de répondre aux sollicitations des marchés financiers ». Pour la CGT, rien ne change chez les dirigeants de Renault. « La rentabilité et le profit à court terme restent la boussole qui les guide », déclare le syndicat.

La CFE-CGC, syndicat majoritaire chez Renault, fustige également le plan d'économie. Les quatre syndicats, souvent en désaccord, se retrouvent au moins là-dessus. Le plan d'économie est catastrophique, disent-ils, et les salariés ont peur. La fermeture du site de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne) et la reconversion de l'usine de Flins (Yvelines), qui bientôt ne produira plus de véhicules neufs, inquiètent aussi.

Au centre de recherche et développement de Lardy, près de Paris, près de 900 emplois vont disparaître d'ici à l'automne 2021, sur un site qui en compte normalement 2 400.