Renault: le chiffre d'affaires bondit au 1er trimestre, aidé par Avtovaz

Le constructeur automobile Renault a été touché par la vague de cyberattaques simultanées qui a touché vendredi des dizaines de pays dans le monde, a-t-on appris samedi auprès de la direction de la marque au losange

Paris (AFP) - Fort de ventes très dynamiques et aidé par la consolidation du russe Avtovaz, Renault a publié jeudi un chiffre d'affaires en hausse de 25,2% pour le premier trimestre, à 13,13 milliards d'euros.

Hors Avtovaz, l'activité de l'entreprise automobile française a progressé de 19,7% par rapport au premier trimestre 2016, tandis que les ventes totales de véhicules ont crû de 15,8% à 873.678 unités, a précisé Renault dans un communiqué, en confirmant ses objectifs financiers annuels.

"Nous avons obtenu des performances record tant en termes de volumes que de chiffre d'affaires sur le trimestre, notre activité a été solide dans toutes les régions", s'est réjouie la directrice financière du groupe au Losange, Clotilde Delbos, lors d'une conférence téléphonique avec des analystes financiers jeudi soir.

En Europe, son plus gros marché avec 54,8% des ventes, le groupe (marques Renault, Dacia, Renault Samsung Motors et Lada) a écoulé 478.706 véhicules entre janvier et mars, une progression de 10%, selon le communiqué.

Et dans la zone Afrique-Moyen-Orient-Inde, les immatriculations "sont en hausse de 30,9%, pour une part de marché de 6% ("1,4 point)", selon Renault, qui relève en particulier des ventes s'envolant de 161,5% en Iran, dans le contexte de la levée des sanctions économiques.

En Eurasie, région qui comprend notamment la Russie et la Turquie chez Renault, "les immatriculations sont en hausse de 6,3% sur un marché en baisse de 0,5%", selon la société qui a révisé jeudi à la hausse sa prévision de croissance pour le marché russe en 2017, de stable à "5%.

"Le contexte macroéconomique est bien meilleur" qu'escompté en Russie, a indiqué Thierry Koskas, directeur commercial du groupe Renault, pendant la conférence téléphonique, tandis que Mme Delbos a prévenu qu'il était "trop tôt pour qualifier (cette tendance) de reprise, mais qu'elle était encourageante après plusieurs années de déclin".

- Vigilance -

Dans un marché automobile russe qui a enregistré une hausse encore modeste (+1%), le Groupe a indiqué avoir accru ses ventes de 9,2% au premier trimestre, en incluant Lada, marque commerciale d'Avtovaz.

Dans la région Asie-Pacifique, "les immatriculations ont augmenté de 99,7% sur un marché en hausse de 4,6%", Renault ayant vendu au premier trimestre "près de 18.000 véhicules" en Chine, où il a inauguré sa première usine il y a un an, "contre 3.400 sur la même période en 2016".

Enfin, en Amérique latine, "les ventes sont en progression de 19% sur un marché en hausse de 9% avec une part de marché de 6,3%, en hausse de 0,5 point", en particulier grâce à une reprise vigoureuse en Argentine, a indiqué Renault.

Au total, la division automobile de Renault, hors Avtovaz, a vu son chiffre d'affaires croître de 20,1% sur un an au premier trimestre, la hausse des volumes y contribuant pour 9,2 points.

Le groupe a aussi tiré profit, pour 3,5 points de pourcentage, de ses ventes aux partenaires, c'est-à-dire les voitures qu'il fabrique pour des groupe tiers, comme son allié Nissan dont la Micra sort depuis fin 2016 des chaînes de l'usine historique Renault de Flins (Yvelines).

L'entreprise a en outre bénéficié de vents favorables en ce qui concerne les changes avec un effet positif de 1,3 point sur la hausse de l'activité automobile.

Dans ce contexte, Renault a dit être en mesure de confirmer ses objectifs pour l'exercice en cours, à savoir "accroître son chiffre d'affaires au-delà de l'impact d'Avtovaz (à taux de change constants), accroître la marge opérationnelle du groupe en euros et générer un free cash-flow (flux de trésorerie libre) opérationnel de l'automobile positif".

A l'horizon 2022, la société a dit en février viser 70 milliards d'euros de chiffre d'affaires, contre 51,2 milliards réalisés en 2016.

Mme Delbos a néanmoins appelé jeudi à "rester vigilant" pour le reste de l'exercice 2017, évoquant des "vents contraires importants" dus à la hausse des prix des matières premières et à l'incertitude quant à la tenue du marché automobile britannique dans la foulée du Brexit, ou encore à la baisse de la demande en véhicules diesel.

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