Renaissance, EELV, LFI, PS… Tous cherchent leur « refondation »

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De gauche à droite, Olivier Faure (PS), Stéphane Séjourné (LREM), Julien Bayou (EELV) et Jean-Luc Mélenchon (LFI)

POLITIQUE - Ils n’ont pas le même maillot, mais ils ont la même passion. Ce dimanche 28 août, plusieurs formations politiques, de LFI au PS en passant par EELV et les partis satellites de la Macronie, achèvent un week-end de réflexions internes.

Une rentrée studieuse qui intervient alors que les résultats des élections législatives ont entériné la tripartition de la vie politique. Si tous ne nourrissent pas les mêmes objectifs et ne sont pas confrontés aux mêmes défis, chaque parti entend passer un cap alors que la situation à l’Assemblée nationale oblige chacun à réajuster ses forces.

À gauche, les trois principales forces de la NUPES, LFI, EELV et PS, expriment chacune un besoin de renouveau, tout en conservant l’unité scellée aux législatives. « L’idée c’est que chaque camp reste solide, et s’élargisse », expliquait au HuffPost le député insoumis Alexis Corbière en amont du week-end.

La gauche face à l’équation de la NUPES

À Blois, où les socialistes voulaient jeter les bases d’un « nouveau PS », l’équation est la même : redynamiser le parti tout en ménageant les acquis de la NUPES. Sur place, Olivier Faure a appelé les siens à « dépasser le conflit » interne au sujet de cette coalition, afin de tourner la page des tensions provoquées par cet accord.

Pour prouver le bien-fondé de sa stratégie, le premier secrétaire du PS a sorti de sa manche un projet de référendum d’initiative partagée sur la taxation des superprofits. Une initiative à laquelle il veut associer « l’ensemble des parlementaires de la NUPES » et qu’il entend proposer à la rentrée parlementaire.

Bingo. Jean-Luc Mélenchon et les insoumis disent oui. « La proposition du premier secrétaire du PS, nous ne la rejetons pas, elle nous intéresse, parce que le PS qui est en train de se reconfigurer nous intéresse comme partenaire », a répondu depuis la Drôme le leader insoumis, avant d’ajouter : « Merci à Olivier Faure d’avoir fait cette proposition parce qu’elle garantit que la NUPES vivra ».

Chez les écologistes, réunis à Grenoble, l’heure est également à la « refondation » et aux réflexions quant à la stratégie à adopter vis-à-vis de la NUPES. D’autant que l’actuel patron, Julien Bayou, doit bientôt céder sa place de Secrétaire national, ce qui ouvre une course à sa succession.

« Je pense qu’il faut changer. Changer notre façon de fonctionner, notre doctrine et nos équipes », souffle au HuffPost un cadre influent, alors que la position à adopter vis-à-vis de la NUPES (notamment en vue des européennes) fait débat en interne, où on craint l’hégémonie insoumise.

« Les Insoumis veulent garder le leadership jusqu’en 2027. Pour nous, il ne faut pas contrer le récit unitaire mais s’affirmer, se différencier, par exemple refuser le blocage des prix », expliquait sur place l’eurodéputé David Cormand, cité par l’AFP. Comme s’il répondait à distance, Jean-Luc Mélenchon a demandé « émulation plutôt que compétition » au sein de la coalition.

Une « Renaissance » en gestation

Du côté de Metz, où les différentes composantes de la majorité macroniste (sauf MoDem) prenaient ses quartiers, l’heure était à l’ébauche du futur parti Renaissance, issu de la fusion de la République en Marche, de Territoires de Progrès (aile gauche) et Agir (aile droite).

Un « séminaire des cadres » auquel ont notamment participé Bruno Le Maire et Élisabeth Borne, et qui avait pour mission de plancher sur les « valeurs communes » (Europe, liberté, laïcité etc.) et le « dépassement » cher au macronisme.

Rien de révolutionnaire, si ce n’est un (tout) petit pas fait en direction de la construction d’un parti unique, dont la forme est encore loin d’être actée. Alors que certains marcheurs plaident pour une fusion pure et simple, d’autres (notamment chez Territoires de Progrès) voudraient une « confédération », qui laisserait plus de marge aux différentes composantes.

Pas de « caporalisation mortifère », de « centralisme exacerbé » ni d’« effacement des sensibilités », a tenté de rassurer Stéphane Séjourné, chargé par Emmanuel Macron de faire cohabiter tout ce petit monde sous le même toit.

Alors qu’un vote des adhérents LREM sur cette question est attendu mi-septembre, les deux autres formations se montrent bien moins pressées. La « renaissance » n’est pas pour demain.

À voir également sur Le HuffPost : Punchlines et cours de droit : chez les Insoumis, le style Rachida Dati

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