Avec « Renaissance », Beyoncé fait vivre la culture club, des sons aux looks

Beyoncé, « Renaissance ».
Beyonce Beyoncé, « Renaissance ».

Beyonce

Beyoncé, ici dans les images qui accompagnent « Renaissance ».

MUSIQUE - « Ne vous inquiétez pas, restez calme. N’essayez pas de quitter le dancefloor. » Ces mots, ce sont ceux qui ouvrent ALIEN SUPERSTAR, l’un des titres phares de Renaissance. Le tant attendu septième album de Beyoncé a été dévoilé dans la nuit de ce vendredi 29 juillet avec un objectif clair : nous faire clubber.

Les paroles de ce tube en devenir sont parlantes. « Unique en son genre. Voilà ce que tu es. Tes talons aiguilles dégagent les verres en cristal du bar. Catégorie : bad bitch, c’est moi le bar », nous fredonne Queen B. Elle reprend, ici, une expression propre à ce qu’on appelle la ball culture, un mouvement artistique né dans la communauté LGBT+ à New York désignant des « bals » en huis clos au cours desquels les participants défilent en dansant dans des looks travaillés pour tenter d’interpréter un thème donné, ladite « catégorie ».

Ces catégories sont variées, elles parlent de la société, mais aussi de mode, de beauté et peuvent être engagées et impertinentes, comme le « Realness », qui consiste à dépeindre les archétypes associés aux hétérosexuels. Les soirées, elles, sont rythmées par la musique, et notamment certaines de ses formes qui ont émergé dans les années 1980 et 1990, comme la house et la dance, deux genres musicaux très liés à la culture club que Beyoncé célèbre dans Renaissance.

L’hommage aux pionniers

La référence ne s’arrête pas à ALIEN SUPERSTAR. Dans ce nouvel opus, Beyoncé rappelle les racines noires du clubbing en samplant certains pionniers de ce courant, comme Donna Summer et son I Feel Love sur SUMMER RENAISSANCE, Robin S. (BREAK MY SOUL), Grace Jones (MOVE) et l’artiste drag Moi Renee (PURE/HONEY), ou des icônes plus récentes, à l’instar de Kelis, Big Freedia et la DJ Honey Dijon.

Beyoncé l’a précédemment expliqué : ce nouvel album est une échappatoire, « un safe space, un endroit sans jugement. Un endroit où l’on peut se libérer du perfectionnisme et des pensées en trop. Un endroit pour crier, se libérer, ressentir la liberté », écrivait-elle au mois de juin, espérant par là même que Renaissance « nous donne envie de nous déhancher ».

Cela rejoint les derniers propos d’Edward Enninful, rédacteur en chef du British Vogue qui, au mois de juin, avait confié avoir le sentiment de s’être « transporté dans les clubs de [sa] jeunesse » en une fraction seconde à l’écoute « des voix aériennes » et des rythmiques implacables.

Ce vendredi, Beyoncé a continué la métaphore filée, en remerciant ses fans qui ont attendu la sortie officielle du disque, ceux qui ont préféré ne pas écouter la version qui avait « leaké » en ligne et qui ont « interpellé les autres qui essayaient de se faufiler plus tôt pour entrer dans le club ».

« Éventez-moi, j’ai chaud »

L’appel urgent à la piste de danse se retrouve dans l’effort visuel qui accompagne l’album, les décors des photos, ses énormes boules à facettes qui tombent du plafond et les miroirs sur les murs, mais aussi et surtout, dans les looks extravagants de l’ancienne leader des Destiny’s Child, ses corsets glamours et combinaisons transparentes qui nous signalent qu’elle a bien l’intention de briller dans la nuit.

Photo
Beyoncé

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Certains racontent, par ailleurs, que la couverture montrant Beyoncé à moitié nue sur un cheval translucide serait une référence à l’entrée à cheval inoubliable dans la célèbre discothèque new-yorkaise Studio 54, en 1977, de l’actrice Bianca Jagger. Haut lieu de la scène underground de l’époque, l’établissement a marqué l’histoire du disco.

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Beyoncé

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Mais voilà, si Beyoncé ne risque pas de se faire recaler à l’entrée, c’est parce qu’elle a été immergée dans cette culture du club très tôt, dit-elle, grâce à un membre important de sa famille, son oncle Johnny, mort prématurément d’une maladie liée au sida dans les années 1990. Il est « la première personne » à l’avoir initiée à « beaucoup de musiques et de cultures qui servent d’inspiration à cet album ».

Il a aussi aidé sa mère, Tina Knowles, dans la création des tenues de sa nièce au début de sa carrière. Elles n’étaient pas forcément reluisantes. « Tonton Johnny a fait ma robe, ce spandex bon marché, chante Beyoncé dans HEATED. On dirait un désastre. » Qu’importe, cette mauvaise impression fait aujourd’hui sa fierté : « Éventez-moi, j’ai chaud, chaud, chaud. Comme un Chanel volé, enfermez-moi en prison. Du bout des doigts, je tape, tape, tape. » Et nous du pied.

À voir également sur Le HuffPost : Beyoncé arrive sur TikTok avec l’intégralité de son catalogue musical

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