Remise en liberté ou détention prolongée ? La justice se prononce ce jeudi sur le cas Cédric Jubillar

Cédric Jubillar.  - Capture d'écran BFMTV
Cédric Jubillar. - Capture d'écran BFMTV

Soupçonné d'avoir tué sa femme Delphine, disparue depuis la nuit du 16 décembre 2020 du domicile familial, Cédric Jubillar a été écroué voilà un an. Expiration de son mandat de dépôt oblige, la justice doit faire un choix ce jeudi: le remettre en liberté ou prolonger de six mois encore sa détention.

Mis en examen pour l’homicide volontaire de son épouse Delphine - qui a disparu du domicile conjugal tarnais de Cagnac-les-Mines dans la nuit du 16 décembre 2020 - Cédric Jubillar a été placé en détention provisoire le 18 juin 2021 et écroué à la maison d’arrêt de Seysses en Haute-Garonne. Durant l'année écoulée, le détenu et ses conseils ont multiplié, en vain, les demandes de remise en liberté. Le premier clame son innocence, les seconds l'absence d'éléments matériels confondants.

Mais ce jeudi, à la lumière du dossier, le juge des libertés et de la détention de Toulouse se prononcera à nouveau sur une possible remise en liberté du suspect ou sur la prolongation de son bail carcéral de six mois. Une décision qui ne devra rien cette fois à une demande des avocats de Cédric Jubillar mais qui dépend directement du calendrier judiciaire, le mandat de dépôt de l'intéressé arrivant à expiration.

Pas de débat sur la culpabilité de Cédric Jubillar

Me Emmanuelle Franck, qui assure la défense de Cédric Jubillar, rappelle sur BFMTV, que ce rendez-vous chez le juge des libertés et de la détention ne statue en rien sur la suite de l'affaire. "Il ne revient pas à ce juge de dire si Cédric Jubillar est innocent ou ne l’est pas", insiste l'avocate. Ce n’est ni le débat, ni le lieu, ni le temps."

Le placement et le maintien en détention provisoire d'un mis en cause sont régis par le code de procédure pénale. Sa durée doit être "raisonnable" et cette incarcération répond à plusieurs principes comme la préservation des preuves ou des éléments matériels nécessaires à la manifestation de la vérité, empêcher la pression sur des témoins, garantir la présentation du mis en cause devant la justice ou encore mettre fin à un trouble à l'ordre public.

"Nous considérons qu’en l’état il est grand temps de faire application des principes de la loi française", martèle encore Me Emmanuelle Franck, qui espère "un regard neuf et indépendant" de ce juge.

Une "agitation insupportable" pour un "homme en détention"

Pour se faire son idée, le magistrat toulousain entendra Cédric Jubillar et ses avocats dans le courant de la matinée. Sur BFMTV, Alexandre Martin, l'un des conseils de l'artisan plaquiste, a ainsi pointé la débauche de moyens et d'énergie dépensée selon lui en pure perte dans le cadre de l'enquête.

"L’armée a été dépêchée sur les lieux avec des moyens techniques incommensurables. À un moment donné, tout ça devient de l’agitation et c’est surtout insupportable pour un homme en détention", estime-t-il.

"Nous, on dit: ‘Vous consacrez la présomption d’innocence, vous relâchez cet homme, vous continuez l’instruction, vous utilisez tous les droits que vous voulez, des satellites si vous voulez, mais à un moment donné, ça suffit".

Les éléments matériels posent davantage de questions qu'ils n'apportent de réponses

Outre cet échec dans la recherche de la dépouille de Delphine, les enquêteurs ont dû s'accommoder d'autres contretemps: par exemple, les traces suspectes retrouvées sur les couette et housse de couette du couple n'étaient finalement pas du sang humain d'après des expertises initiales que la procédure a toutefois demandé à renouveler. Les investigations se sont aussi penchées sur la paire de lunettes brisée de Delphine Jubillar.

Pour autant, les proches de Delphine Jubillar continue de croire en la culpabilité de son mari qu'elle était sur le point de quitter. "Tous les éléments qui ont été apportés lors de l’instruction, qui sont des petits morceaux de vérité, qui n’est pas la vérité absolue et transparente, mais il n'y a pas un élément qui va concourir à laisser penser que Cédric Jubillar pourrait être innocent", plaide Me Pressecq, l'avocat de la cousine de l'infirmière.

"Tous les éléments qui ont été apportés laissent à penser qu’il y a des indices graves et concordants permettant de penser qu’il a participé à l’infraction", insiste-il encore.

Trouble à l'ordre public

L'avocat est convaincu que Cédric Jubillar ne doit pas être remis en liberté. Il avance également le trouble à l'ordre public que pourrait créer une remise en liberté de l'artisan-plaquiste. "Il est persistant dans ce dossier et exceptionnel, à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn mais ailleurs aussi. Tous les amis, les proches de Delphine Jubillar, personnes ne comprendraient que Cédric Jubillar soit mis en liberté aujourd'hui."

Pour le moment l'affaire Jubillar ne présente ni corps, ni scène de crime avérée, ni aveux. Un témoignage a en revanche pesé lourd contre l'ancien plaquiste ces derniers mois: un ex-codétenu de Cédric Jubillar à la maison d'arrêt de Seysses maintient que ce dernier lui a avoué le meurtre de son épouse. Le suspect et son accusateur avaient d'ailleurs été confrontés le 12 mai dernier. Le face-à-face n'avait cependant rien donné, chacun campant sur ses positions.

Article original publié sur BFMTV.com

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