Le remake du film "Sacrées Sorcières" critiqué par des personnes handicapées

Mathilde Pereira Karsenti
·Journaliste rédactrice au service Culture
·3 min de lecture
Anne Hathaway dans le film "Sacrées Sorcières" sortie le 22 octobre 2020 aux Etats-Unis- Warner Bros. (Photo: Copyright Warner Bros. Enterta)
Anne Hathaway dans le film "Sacrées Sorcières" sortie le 22 octobre 2020 aux Etats-Unis- Warner Bros. (Photo: Copyright Warner Bros. Enterta)

CINÉMA - La nouvelle adaptation de Robert Zemeckis du roman pour enfants “Sacrées sorcières” de Roald Dahl n’a pas plu à tout le monde. Plus précisément, le nouveau film disponible sur HBO Max aux Etats-Unis depuis le 22 octobre est critiqué par des championnes paralympiques et des associations telles que la U.K’s Reach Charity. Ces dernières ont estimé que la représentation des mains du personnage d’Anne Hathaway pourraient porter préjudice à certaines personnes atteintes de handicap.

Ainsi, les mains de la sorcière-en-chef incarnée par Anne Hathaway ne comportent que deux doigts et un pouce. Selon les détracteurs du film, ces mains ressemblent à celles des personnes atteintes d’ectrodactylie, une maladie génétique. Par conséquent, cela pourrait contribuer à la stigmatisation des personnes atteintes de handicap.

Une vaste mobilisation sur les réseaux sociaux

Deux fois championne paralympique de natation, Amy Marren, concernée par cette maladie, exprime son mécontentement sur son compte Instagram :

“Oui, je suis consciente qu’il s’agit là d’un film et que ce sont des sorcières. Mais les sorcières sont habituellement des monstres. Ma crainte est que des enfants puissent voir ce film, sans savoir qu’il exagère l’ouvrage de Roald Dahl, et qu’ils comprennent que cette maladie doit faire peur.”

Sur son compte Twitter, l’athlète, qui n’appelle pas à boycotter le film, s’adresse à Warner Bros en écrivant: “Avez-vous suffisamment réfléchi aux conséquences qu’aurait une telle représentation sur les personnes atteintes de handicap des membres supérieurs?”

Les critiques de Marren ont été relayées et reprises par d’autres personnes atteintes de handicap. Le hashtag #NotAWitch (“Pas une sorcière”) a été largement adopté sur les réseaux sociaux. Une pétition intitulée “Nous ne sommes pas des monstres” a également été lancée sur Change.org, promettant un boycott du film de Robert Zemeckis.

Le compte Twitter des Jeux Paralympiques a également suivi le mouvement, en écrivant que les handicaps touchant les membres supérieurs ne devaient pas être “effrayants”. “Les différences doivent être célébrées et le handicap doit être normalisé”.

Des internautes se sont aussi associés au mouvement #NotAWitch en interpellant Warner Bros.

Warner Bros présente ses excuses

Pour ces raisons, le studio qui distribue le film a souhaité présenter ses excuses rapidement : ”(Nous avons été) profondément attristés d’apprendre que notre représentation des personnages fictifs de ‘Sacrées Sorcières’ pouvait heurter les personnes atteintes de handicap”, déclare un représentant du studio dans les colonnes de Variety.

Par ailleurs, un porte-parole de Warner Bros a tenté d’expliquer à Deadline pourquoi ce choix de représentation avait été fait :“En adaptant l’histoire originale, nous avons travaillé avec des designers et des artistes pour proposer une nouvelle interprétation des griffes félines décrites dans le roman. Ce n’était pas notre intention que les téléspectateurs pensent que les créatures fantastiques et non-humaines étaient censées les représenter.”

En France, “Sacrées sorcières” devait débarquer sur les écrans le 18 novembre. Reconfinement oblige, le film de Robert Zemeckis est repoussé à une date encore indéfinie.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.