Reliquaire d'Anne de Bretagne volé : pourquoi le cœur des souverains était-il conservé ?

Libération.fr
Le reliquaire du cœur d’Anne de Bretagne, ancienne reine de France, exposé à Blois en mars 2014.

Faire inhumer cet organe symbolique était une pratique courante chez les rois et les reines du Moyen-Age, malgré la réticence de l'Église.

Le vol de l’écrin, d’une valeur inestimable, a laissé nombre de Bretons éplorés. Le reliquaire du cœur d’Anne de Bretagne a été dérobé ce week-end au musée Dobrée de Nantes (Loire-Atlantique), ville natale de la reine de France. La pièce, réalisée en 1514 par un orfèvre anonyme de la cour de Blois, était visible du public dans le cadre d’une exposition. À la mort de la reine, en 1514, son cœur fut placé dans cette boîte ovale en or et déposé au couvent des Carmes, à Nantes, dans le tombeau de ses parents. Son corps fut en revanche enterré à Saint-Denis, lieu de rassemblement des sépultures royales. Avant Anne de Bretagne, de nombreux souverains ont reçu des sépultures multiples.

Cette pratique d’inhumation séparée du cœur, ancienne, se développe dans le royaume de France au XIIIe siècle. La première reine à connaître cette inhumation plurielle est Blanche de Castille, morte en 1252. Le premier roi français, Philippe III. Ce rituel funéraire, dit du «Dilaceratio corporis» (ou «division des corps»), prend de l’ampleur à la mort de Charles V, en 1380, raconte l’historien Alexandre Bande dans Le cœur du roi. Les Capétiens et les sépultures multiples XIII°-XV° siècles (Tallandier, 2009). Le cœur du souverain est alors inhumé lors d’une cérémonie spécifique puis placé dans une urne richement décorée (comme dans le cas d’Anne de Bretagne) ou dans un gisant sculpté. Ce tombeau se différencie du gisant du corps «par la présence d’un petit cœur sculpté dans la main gauche du personnage» peut-on lire sur le site de la basilique de Saint-Denis. Un procédé similaire existe pour les entrailles, inhumées dans un troisième endroit : le cœur de Charles V fut par exemple envoyé à Rouen, ses entrailles à Maubuisson et son corps à Saint-Denis.

Le cœur, un organe symbolique

Le corps du souverain étant souvent exposé à sa famille, ses sujets et ses (...)

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