Religieuses sexuellement agressées : «Il me culpabilisait tout le temps»

Vincent Mongaillard
Lorsque Jean a lâché l’emprise qu’elle avait sur elle, Christelle s’est retrouvée comme « détruite », avec des « pensées suicidaires »

Jean était devenu pour Christelle son «frère spirituel». Le prêtre en a profité pour abuser d’elle. Elle a porté plainte pour viol contre lui.


Elles pourraient être nombreuses, ces religieuses à avoir été agressées sexuellement par leurs « frères ». Mais rares sont celles qui parlent. Ancienne religieuse, Christelle* n’a plus la force d’approcher un prêtre. « Je ne peux pas leur faire confiance, pas me confesser. J’ai aussi beaucoup de mal à aller à la messe le dimanche », avance-t-elle. L’automne dernier, cette enseignante en Ile-de-France a porté plainte contre un religieux pour viol et agressions sexuelles commis en 2010-2011 dans le sud de la France.

À l’époque, elle était encore dans les ordres, victime, dit-elle, de « l’emprise » de Jean*, prêtre de sa congrégation croisé pour la première fois en 2004 lors d’une retraite. « Il nous avait été recommandé comme un grand et saint prédicateur », se souvient cette quadragénaire qui a été auditionnée par la police il y a quelques semaines. Il devient son « frère spirituel », mais aussi son confident alors que son quotidien avec les autres sœurs de sa communauté, toutes âgées de plus de 60 ans, est tendu.

En 2007, la relation prend une toute autre dimension dans les murs du couvent. « Au moment de se dire au revoir au parloir, il a essayé de m’embrasser sur la bouche. Voyant mon regard affolé, il m’a demandé pardon », raconte-t-elle.

«Il pouvait m’aider à trouver ma place dans l’Église»

Le prêtre décide de prendre ses distances. « Je me suis effondrée, il était mon unique soutien », décrit-elle. En 2010, alors qu’elle est « paumée » par rapport à son engagement spirituel, elle renoue avec frère Jean. « Il était la dernière personne qui me reste, il avait une aura et l’autorité, il pouvait m’aider à trouver ma place dans l’Église », croit-elle à ce moment-là.

Mais lors des rencontres, « ses gestes sont de plus en plus déplacés ». « À chaque fois, je lui disais non mais il continuait. À chaque dérapage, il se montrait (...)

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