Religieuses sexuellement agressées : «C’était un homme vénéré», témoigne une victime

Vincent Mongaillard
Plusieurs prêtres sont accusés d’avoir abusé sexuellement de religieuses. (Illustration)

C’est un tabou que brise Laure, 50 ans, en parlant. Ancienne religieuse, elle aurait été agressée sexuellement par un prêtre quand elle avait 20 ans.


Il y a quelques semaines, Laure*, 50 ans, regarde à la télé une émission consacrée aux abus sexuels commis par le clergé. « Et soudain, tout m’est revenu dans le détail. Le nom de mon agresseur, le lieu de l’agression, je me revoyais à côté de lui… tout était clair comme de l’eau de roche alors que c’était parti, c’était enfoui. En fait, j’étais dans le déni », témoigne cette ancienne religieuse qui réside en Nouvelle-Aquitaine. Elle n’est pas la seule. Rares sont les religieuses à parler, lorsqu’elles ont été agressées sexuellement par un religieux. Comme Christelle*, Laure brise ce silence.

Devant la télé, ce jour-là, Laure replongeait dans ses souvenirs les plus sombres, une situation vécue 30 ans plus tôt lorsqu’elle a été victime d’attouchements de la part d’un prêtre vivant dans une maison à l’intérieur de son monastère dans le Centre-Val-de-Loire. « C’était un homme vénéré qui pratiquait le charisme de guérison, il y avait des files d’attente de trois heures devant sa porte. On venait en car de l’autre bout de la France pour le rencontrer », se remémore-t-elle.

Dans une pièce de sa demeure, ce père s’est aménagé une sorte de confessionnal. C’est à lui qu’elle s’adresse pour confier ce qui est à ses yeux « un péché ». « J’éprouvais des ressentiments à l’égard de la personne qui m’avait violée quand j’avais 14 ans », explique-t-elle. C’est à ce moment-là que se produit l’impensable. « Le prêtre s’est rapproché de moi, m’a attrapé les seins et mis sa main entre mes cuisses. Puis il m’a dit : Ça va, maintenant, tu es guérie ! », poursuit-elle. Elle est sidérée, muette.

Une « amnésie traumatique »

« Je n’étais pas bien. Je suis partie, je venais d’être salie une seconde fois. Je me suis demandée : Mais à qui vais-je pouvoir en parler ? J’avais 20 ans, j’étais fraîchement rentrée dans les ordres, je ne me voyais pas (...) Lire la suite sur LeParisien.fr

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