«Comment se rejoindre et se déchirer en même temps ?»

Libération.fr

Flirter pour la première fois avec le fantastique dans «la Belle et la Belle» a libéré l’écriture si singulière de la cinéaste Sophie Fillières.


Sophie Fillières a écrit son très beau sixième long métrage pour Sandrine Kiberlain, avant de lui adjoindre Agathe Bonitzer (sa fille, qu’elle avait déjà fait tourner dans Un chat un chat), dans le rôle d’un double rajeuni, puisqu’elle leur trouvait une  «communauté d’essence féminine» - elle rira que l’on croit y entendre «décence féminine», avant de convenir que ce n’est pas sans rapport. Pour Libération, la réalisatrice de Grande Petite, Aïe, ou Gentille évoque les ressorts de ce nouveau film en lequel on s’accorde avec elle à reconnaître son «plus personnel, le plus libre et le plus ouvert, alors qu’il part d’une idée impossible.»


D’où vous est venue l’idée à la source de la Belle et la Belle ?

J’ai d’abord songé à deux filles qui portent le même prénom, habitent au même endroit et dont la fausse gémellité produirait des quiproquos… Dans les deux heures qui ont suivi, je me suis dit que ça me passionnerait que ce soit en fait la même personne. Ainsi j’ai glissé de deux Margaux à la même Margaux, mais dédoublée, ou éclatée, entre deux actrices distinctes.

Vous ne vous embarrassez pas de logiques de continuité : les deux Margaux ont vécu les mêmes choses au sein d’un même présent, d’une même époque comme figée…

Je voulais que la collision dans le temps soit incarnée par un personnage, celui de la meilleure amie, dont Sandrine Kiberlain assiste à l’enterrement au début du film, puis que l’on retrouve aux côtés de la jeune Margaux. J’aimais l’idée de ce personnage à la fois mort et vivant, pour transcender la question de l’époque, de la continuité des deux Margaux.

C’est ce qui produit comme un jeu au cœur du film. Au fond, ce pourrait être aussi deux femmes distinctes, qui se reconnaîtraient l’une en l’autre.

Oui, ça plane. On ne l’exclut pas. Il y a ce dialogue entre la jeune Margaux et l’amie qui instille un doute, mais (...)

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