Reims: un homme finalement naturalisé après un premier refus parce qu'il avait trop travaillé

Hugo Septier
·2 min de lecture
L'ancien ministre socialiste Pierre Joxe souhaite une
L'ancien ministre socialiste Pierre Joxe souhaite une

"Ce que je retiens, c'est une immense joie et un soulagement..." Ce lundi 3 mai marque la fin d'un long cauchemar pour Mohamed, un père de famille algérien de 36 qui s'était vu refuser la naturalisation française en 2020 pour une raison plus que surprenante. Au moment des faits, les autorités françaises avaient en effet considéré que ce dernier, qui avait multiplié les contrats en tant qu'agent de sécurité, comme le rapporte France Bleu, avait dépassé le quota légal d'heures de travail (151, ndlr) pour l'année 2018.

En France depuis 13 ans, l'homme qui a un casier judiciaire vierge et qui a fait ses études à Reims, ville où il réside toujours, répondait pourtant à tous les critères pour bénéficier de nouveaux papiers.

"Comment oser aujourd'hui dire à quelqu'un: vous ne méritez pas d'avoir la nationalité française parce que vous travaillez trop! Alors qu'il y a plein de Français qui travaillent trop, y compris le président Macron", explique auprès du média national son avocat, Me Simon Miravete.

Pas un cas isolé?

C'est courant décembre dernier que la situation de Mohamed s'est finalement débloquée. La ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur Marlène Schiappa avait partagé un reportage du JT de France 2 consacré à cette situation et avait promis de se pencher sur ce dossier spécifique.

"Fidèle à ma philosophie - naturaliser les personnes étrangères qui ont travaillé en 1ère ligne pendant la pandémie de #COVID19 - j’ai demandé à l’administration de réétudier ce dossier. Une réponse positive sera accordée à ce monsieur!", avait-elle écrit.

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Des paroles rapidement suivies d'actes. "J’ai toujours cru en la justice en France, c’est ce qui m’a donné la force de ne pas baisser les bras", explique auprès de France Bleu le trentenaire, désormais employé par le tribunal de justice de Reims.

Seulement, la situation de Mohamed ne semble pas isolée, souligne encore Me Simon Miravete, qui compte poursuivre ses actions auprès des autorités.

"Je compte aller jusqu'au ministère de l'Intérieur, qui statue sur ces demandes, et jusqu'au président de la République, pour lui demander si ce genre de refus s'inscrit dans des conditions normales ou au contraire s'il s'agit de réponses complètement anormales de l'administration", déclare-t-il.

Article original publié sur BFMTV.com