Regain de tensions entre la Grèce et la Turquie

BURAK MILLI/Anadolu Agency/AFP

La tension demeure vive entre la Grèce et la Turquie, Ankara ayant affirmé dimanche que des avions turcs en mission dans la mer Égée et en Méditerranée orientale avaient été visés par le système de défense aérienne S-300 détenu par Athènes, une “action hostile”, après de premières “provocations” militaires grecques le 23 août, sur l’île de Crète. Athènes, de son côté, accuse la Turquie de violer régulièrement son espace aérien ces dernières années.

Cette série d’incidents exaspère d’autant plus la presse turque que les systèmes déployés par Athènes en Crète sont des S-300, achetés à la Russie par Chypre à la fin des années 1990. Ankara s’était opposé à leur déploiement, mais ils avaient finalement été transférés à la Grèce, qui a procédé à un premier test en 2013.

Or, l’achat et le déploiement ces dernières années des systèmes S-400 russes par Ankara ont valu à la Turquie des sanctions américaines importantes, et en particulier son exclusion du programme de développement de l’avion de combat américain F-35, dont la Grèce est partie prenante.

Le quotidien progouvernemental Sabah s’émeut de ce qu’il perçoit comme une injustice et une partialité américaine en faveur d’Athènes, accusé de se cacher derrière le parapluie de Washington. “Mais, heureusement, le monde est en train de changer et l’hégémonie américaine vacille, il nous faut juste être patient”, estime un éditorialiste.

Casus belli ?

La crise entre les deux pays, qui avait culminé à l’été 2020, est repartie de plus belle au cours des derniers mois, les canaux de communication et de négociation ayant été coupés. Ankara et Athènes se disputent le contrôle des eaux territoriales en mer Égée et en Méditerranée, le chapelet d’îles détenues par Athènes lui donnant, selon le droit international, droit à une zone économique exclusive et à des eaux territoriales qui encerclent la Turquie.

Ankara répète fréquemment que l’extension de cette zone maritime à 12 milles marins, comme le permet théoriquement le droit et comme Athènes menace de le faire, serait pour elle un casus belli.

[...] Lire la suite sur Courrier international

Sur le même sujet :