Un “regain d’amour” attendu entre le Brésil et la France

Photo Christian Pouillaude

Quand on est français et qu’on vit dans un autre pays, on préfère que celui-ci soit un minimum francophile. C’est plus agréable, plus confortable quand les autochtones connaissent un tant soit peu l’histoire de la France, qu’ils en ont une image positive, même si ce sont parfois des clichés, et qu’ils admirent ses meilleurs représentants, intellectuels, scientifiques, artistes ou sportifs. Encore mieux s’ils sont francophones, encore mieux s’ils vont passer leurs vacances en France. Mais on ne refait pas l’histoire tout seul !

Un Brésil francophile

Le Brésil fut longtemps un pays extrêmement francophile. Au XIXe siècle, toutes les élites sont francophiles et francophones. Toutes les références sont françaises : culture, art, style de vie, philosophie, politique, diplomatie… Que ce soit pour l’Empire, qui organise même une Mission artistique Française en 1816 pour que les “professeurs” français enseignent aux “élèves” brésiliens les savoir-faire du “premier Monde”, comme on dit ici, ou pour la République, sous forte influence du positivisme d’Auguste Comte. Un peu plus tard, ce sont des sommités professorales françaises qui participent activement à la création de l’Université de São Paulo, la meilleure du pays.

Mais un éloignement progressif va se produire à partir de la Première Guerre mondiale. Les Brésiliens sont horrifiés par la barbarie de ces peuples européens censés représenter le meilleur de la civilisation ! Le Brésil va alors se rapprocher des États-Unis et surtout chercher sa propre voie.

Bien sûr, la France reste encore et toujours une référence intellectuelle et culturelle. Elle reste le symbole du luxe, de la sophistication et sa gastronomie est toujours célébrée. Elle est admirée dans certains secteurs économiques ou scientifiques. Beaucoup de Brésiliens rêvent encore de visiter Paris et la France. Mais cette francophilie est de plus en plus élitiste et marginale. Depuis les années 1970, l’enseignement du français n’est plus obligatoire à l’école et il y a très vite été supplanté par l’anglais. La culture populaire nord-américaine, Disney et Mac Donald en tête, s’impose et la nouvelle destination qui fait rêver les enfants (et les parents) devient Orlando !

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