Refusons maintenant, pour contester ensuite

Libération.fr

Afin de préserver son cadre commun, la République doit d’abord lutter contre une discorde plus profonde, contre les vrais ennemis de l’intérieur.

Il y a un risque pour la République dans le refus de «se soumettre» à ce qui est pourtant sa condition et même celle de l’insoumission à venir ! Ceux qui s’abstiennent maintenant refusent d’être avec tous les républicains contre ce qui les menace tous ensemble. Mais comment ne voient-ils pas qu’ils nous condamnent et qu’ils se condamnent à une unité permanente et, espérons-le, indivisible chaque matin, chaque midi et chaque soir face à ce qui suivrait en cas de catastrophe ?

Nous sommes, certes, heureux de voir les démocrates américains ensemble dans la rue contre les infamies de leur nouveau président. Et il faut espérer qu’ils tiennent et qu’ils continuent sans cesse à se mobiliser. C’est long, un mandat, même un mandat d’infamie, et, ici comme là-bas, les collaborateurs sont déjà sortis de leurs caves, comme dans la Peste de Camus. Espérons que les démocrates continuent à se mobiliser, et à se manifester, indivisiblement, tout le temps.

Mais est-ce cela que nous voulons ? Est-ce que nous voulons être tout le temps dressés contre le racisme au pouvoir et aussi dans la rue, dans la vie ? Lutter à chaque instant contre la «décomplexion» des insultes, racistes, sexistes, homophobes, démagogues en tout genre, et j’en passe ? Cela se répandra, en effet, comme la peste. Tout alors sera écrasé, tout le temps. Et certes, alors, nous serons contre cela, espérons-le, indivisiblement, contre chaque propos, au pouvoir ou dans la rue, au quotidien ou dans les assemblées, dans les lieux publics, pour qu’ils restent publics, pour préserver le droit public et les institutions de la République.

Mais quand alors discuterons-nous des autres sujets ? Des vrais sujets qui, heureusement, sont apparus, revenus, dans la campagne électorale ? Du travail et du social, des réfugiés et de l’Europe (et Yánis Varoufákis lui-même vient de nous y (...)

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