Refus d'obtempérer à Paris: ce que l'on sait de la soirée des passagers qui se trouvaient dans le véhicule

Deux personnes ont été grièvement blessées par balles par des policiers ce samedi 4 juin dans le 18e arrondissement de Paris, - BFMTV
Deux personnes ont été grièvement blessées par balles par des policiers ce samedi 4 juin dans le 18e arrondissement de Paris, - BFMTV

Leur témoignage sera déterminant pour la suite de l'enquête. Les deux passagers qui étaient dans le véhicule dont le conducteur a refusé de se soumettre à un contrôle de police samedi dans le 18e arrondissement de Paris ont été entendus par les policiers du 2e District de Police Judiciaire. Leur récit a permis de préciser certains éléments.

Vendredi soir, les deux jeunes filles, âgées d'une vingtaine d'années, sortent en soirée dans la capitale. A la fin de la nuit, elles décident de poursuivre la fête. Vers 6 heures, les deux amies font la rencontre d'Ibrahima, le passager arrière. Plus tard, le trio croise celui qui deviendra le conducteur du véhicule.

Les quatre jeunes gens se connaissent vaguement. Dans ce contexte festif, ils consomment de l'alcool et de la drogue. L'homme de 38 ans drague l'une des jeunes filles et propose de ramener tout le monde. Ibrahima, un homme de 36 ans, a emprunté la voiture de sa mère. Son permis étant suspendu, il laisse sa place au volant du véhicule. Son ami de soirée n'a pas non plus le permis, ce dernier ayant été annulé.

Les autres passagers entendus

C'est à ce moment-là qu'ils vont être repérés par un équipage de policiers qui circulent à vélo. Les fonctionnaires repèrent que l'un des passagers ne porte pas sa ceinture. Ils demandent au conducteur de se garer, l'homme refuse d'obtempérer. Les policiers rattrapent le véhicule bloqué par la circulation. A ce moment-là, les versions divergent.

Les policiers assurent que lorsqu'ils sont arrivés à hauteur du véhicule pour contrôler les passagers, le conducteur, multirécidivists, qui était en permission de soirtie ce week-end alors qu'il purgeait une peine d'un an de prison en reégime de semi-liberté, a redémarré. Se sentant en danger, les fonctionnaires disent alors avoir fait usage de leur arme. Interrogé par nos confrères de RTL, Ibrahima a expliqué que le véhicule était à l'arrêt quand les fonctionnaires ont tiré.

Toutefois, selon les informations de BFMTV, l'homme aurait changé de version devant les enquêteurs indiquant que le véhicule roulait au moment des tirs qui ont atteint le conducteur, blessé au thorax, et la passagère avant, qui a succombé à ses blessures après avoir reçu une balle au niveau de la tête. Le témoin devrait être réentendu par les enquêteurs.

La quatrième personne qui était dans la voiture, la seconde jeune fille, assure n'avoir rien vu alors qu'elle était recroquevillée sur son siège à l'arrière.

Des expertises menées

Les trois policiers ont été placés en garde à vue dimanche après-midi dans le cadre de l'enquête ouverte pour "violences avec arme par personne dépositaire de l'autorité publique". Cette enquête, qui devrait se poursuivre notamment avec l'ouverture d'une information judiciaire, devra notamment déterminer si les fonctionnaires étaient dans le cadre légal pour tirer, régi par l'article L435-1 du code de sécurité intérieure.

Pour l'heure, une autopsie a été pratiquée sur le corps de la passagère qui a été tuée. Des expertises balistiques sont également menées. Les résultats ne sont pas encore revenus.

Article original publié sur BFMTV.com

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