Refus d'obtempérer à Paris: pour l'avocate d'une des passagères, "le sujet c'est le tir des policiers"

Marie Violleau, avocate d'Inès l'une des passagères du véhicule qui a refusé de soustraire à un contrôle policier samedi à Paris, le 8 juin 2022 sur BFMTV. - BFMTV
Marie Violleau, avocate d'Inès l'une des passagères du véhicule qui a refusé de soustraire à un contrôle policier samedi à Paris, le 8 juin 2022 sur BFMTV. - BFMTV

"Le sujet principal de cette affaire-là, ce sont les tirs de la police". Me Marie Violleau, avocate d'Inès, présente à bord du véhicule qui a refusé de se soustraire à un contrôle policier samedi à Paris, a répondu aux questions de BFMTV ce mercredi soir. Elle a expliqué que sa cliente était "fatiguée, profondément choquée" mais néanmoins "déterminée à expliquer ce qu'elle a vécu".

"Elle se pose la question de savoir s'ils (les policiers, NDLR) ont bien fait de tirer et je pense qu'elle n'est pas la seule à se poser cette question", a déclaré son avocate sur notre antenne.

Me Marie Violleau, qui précise que "personne n'a eu accès au dossier d'information judiciaire", rapporte les propos de sa cliente affirmant que les tirs policiers et le redémarrage de la voiture se sont déroulés de manière concomitante: "il va être difficile de déterminer qui a démarré ou tiré en premier, c'est la raison pour laquelle j'imagine qu'une information judiciaire a été ouverte".

"Il va être difficile de déterminer qui a démarré ou tiré en premier"

"La loi de 2017 [...] dit qu'à partir du moment où on a un refus d'obtempérer et où le policier ressent que le conducteur est susceptible d'entraîner dans sa fuite un danger pour les forces de police ou pour autrui, alors ils ont le droit de tirer", a expliqué l'avocate sur BFMTV, jugeant la loi "assez imprécise" et posant "un certain nombre de problèmes".

"On peut se poser la question de savoir si l'usage de l'arme était proportionné ou pas", a poursuivi Me Marie Violleau.

Placés en garde à vue après l'annonce du décès d'une des passagères du véhicule, les trois policiers sont ressortis libres mardi. Une information a depuis été ouverte à leur encontre pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner". Aucun des trois policiers n'a toutefois été mis en examen à ce stade de l'enquête.

"Aujourd'hui on a refusé de se poser cette question-là (de la mise en examen des policiers, NDLR) et c'est en stand-by", a estimé l'avocate d'Inès sur BFMTV.

Une plainte déposée par les proches de la victime

Me Marie Violleau, dit désormais attendre de pouvoir consulter le dossier, considère que le sujet n'est pas celui d'une éventuelle plainte contre le conducteur du véhicule mais les tirs des policiers, le "sujet principal" de cette affaire.

"Il y a un tir de policier qui a été proféré et qui a tué quelqu'un qui n'a rien fait et était complètement innocente, voilà ce qu'on dénonce", a-t-elle ajouté.

12 membres de la famille de la passagère tuée par des tirs de policiers samedi à Paris ont quant à eux porté plainte pour "homicide involontaire et mise en danger de la vie d'autrui" contre le conducteur du véhicule dans lequel elle se trouvait, accusé par les policiers d'avoir refusé d'obtempérer, et contre X.

Article original publié sur BFMTV.com

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