Refus d’obtempérer à Nice : le policier mis en examen pour « violences volontaires »

Le conducteur du véhicule tué était un homme de 24 ans circulant sans permis à bord d’un véhicule volé.

JUSTICE - Ce vendredi 9 septembre, le parquet de Nice a annoncé que le policier de 23 ans à l’origine du tir ayant entraîné la mort d’un jeune automobiliste mercredi à Nice a été mis en examen après avoir vu sa garde à vue prolongée de 24 heures jeudi.

Le fonctionnaire a été mis en examen pour « violences volontaires avec arme ayant causé la mort sans intention de la donner », et a été interdit de port d’arme, a précisé le procureur de la République de Nice, Xavier Bonhomme, à l’AFP. Plus tôt dans la journée, une information judiciaire avait été ouverte pour déterminer « les circonstances exactes » du tir, après l’ouverture d’une enquête de l’IGPN pour homicide volontaire visant le policier en cause, a également annoncé vendredi le parquet de Nice.

Une information judiciaire du chef « d’homicide volontaire » a été ouverte, « pour déterminer, de manière contradictoire et sous l’autorité d’un juge d’instruction, les circonstances exactes du tir », avait précisé le procureur de la République de Nice, dans un communiqué.

Les faits se sont produits mercredi, quand un homme de 24 ans circulant sans permis à bord d’un véhicule volé, selon la police, est décédé après avoir été touché par le tir d’un policier, adjoint au sein d’une brigade de sécurité routière.

Selon la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP), les policiers avaient fait signe au conducteur du véhicule en train de « zigzaguer dangereusement », mais ce dernier avait accéléré.

Des images diffusées sur les réseaux sociaux

Pour les proches de la victime, « il est évident qu’on a (affaire) à un homicide, il n’y a pas de discussion là-dessus », avait déclaré jeudi l’un de leurs avocats, Me Sefen Guez Guez. « Après plusieurs sommations », le policier a tiré « à une reprise sur le conducteur du véhicule volé », une version « corroborée par des témoins présents sur les lieux », a ajouté le procureur vendredi.

Selon des vidéos diffusées jeudi sur les réseaux sociaux, le conducteur, bloqué par une voiture de police à l’avant, fait une marche arrière avant de tenter de déboîter et de redémarrer. Mais il est alors à nouveau bloqué par la voiture de police à l’avant. C’est à cet instant que le policier, arme au poing et debout près du véhicule, tire à travers la vitre côté conducteur.

Interrogé au sujet de ces vidéos jeudi sur Franceinfo, le directeur général de la police nationale, Frédéric Veaux, avait estimé que « dans une affaire comme celle-là, c’est l’ensemble de l’action qui doit être analysée. Ce qui s’est passé avant, dans l’environnement. La perception qu’ont pu en avoir les policiers au moment de l’intervention ».

La victime avait déjà été condamnée, « notamment pour des faits de conduite sans permis, d’infraction à la législation sur les stupéfiants et de vol et recel de vol », a ajouté M. Bonhomme vendredi dans son communiqué.

Le passager de la voiture, un homme âgé de 26 ans « inconnu des services de police », sera présenté à un juge en vue d’une mise en examen pour « recel de vol aggravé », a encore indiqué le parquet, qui a requis son placement en détention provisoire. L’homme avait été placé en garde à vue sous les chefs de « tentative d’homicide sur personne dépositaire de l’autorité publique, recel de vol et refus d’obtempérer ».

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