Réfugiés "mobilisés" dans les champs: "Rien d'esclavagiste", assure la Seine-et-Marne

Pierre Tremblay
Des travailleurs récoltent des fraises dans une ferme de Sainte-Livrade-sur-Lot, dans le sud-ouest de la France, le 24 mars 2020.

CORONAVIRUS - “Main d’oeuvre saisonnière, les réfugiés en renfort!”. Le titre du communiqué de la préfecture de Seine-et-Marne, diffusé ce lundi 30 mars, n’y allait pas par quatre chemins pour répondre aux inquiétudes d’un secteur agricole en pénurie de main d’oeuvre, en pleine crise du coronavirus.

Le préfet “mobilise les réfugiés” renchérissait même l’annonce diffusée sur les réseaux sociaux, alors que se profile dans les prochains jours le ramassage des fruits et légumes et la plantation des futures récoltes. 

Pour ce faire, les autorités du département francilien ont donc demandé “aux gestionnaires des hébergements d’urgence des demandeurs d’asile de faciliter la mise en relation entre les réfugiés et les professionnels agricoles”.

“Mobilisation”, “renfort”... la forme et le fond, en pleine “guerre” contre l’épidemie de Covid-19, ont provoqué quelques railleries et interrogations sur les réseaux sociaux. “Et tout à coup les réfugiés intéressent les décideurs! De la main d’oeuvre corvéable à merci qui pourra tomber malade en silence”, a tweeté, par exemple, Annie Lahmer, une conseillère régionale écologiste. 

“Mobilise les réfugiés... Ça veut dire quoi au juste? Combien vont-ils être payés? Auront-ils une couverture sociale?”, demande une autre internaute en réponse au tweet de la préfecture.

Sur la base du “volontariat”

Contactée par Le HuffPost, la préfecture affirme que l’opération “n’a rien d’esclavagiste ou de frauduleux”.

“Tout est extrêmement simple. Ce sont des gens volontaires, qui auront un contrat de travail et seront payés au moins au SMIC”, explique-t-elle, ajoutant que ce genre d’initiative est habituelle, mais généralement dans d’autres secteurs professionnels, comme le BTP.

Même si l’évocation des “hébergements d’urgence des demandeurs d’asile” dans le communiqué pouvait prêter à confusion, les autorités assurent que ces volontaires “ont obtenu le statut de réfugié et à ce titre ont droit de travailler”. 

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