Réforme de la Ligue des Champions : "Paris, Lyon, Marseille, qu’ils aillent se faire voir !"

Réuni mercredi en Assemblée générale, le football français a présenté un front uni face à la proposition de Ligue fermée de l’ECA (European club association). Présent lors de cette réunion, le dirigeant d’un club de Ligue 2 nous en dévoile les coulisses.

Les présidents du PSG et de l'OL Nasser Al Khelaifi et Jean Michel Aulas

La colère monte au sein du foot populaire, du football d’en bas. Noël Le Graët, le président de la FFF, a dessiné avec une grande majorité de dirigeants Ligue 1 et Ligue 2 les contours d’une contre-proposition. Non à la Ligue fermée où le 2ème de Ligue 1 ne serait pas invité, et des propositions très claires présentées par Le Graët :

  • Que les clubs passent obligatoirement par leur championnat pour se qualifier en C1

  • 6 groupes de 6 et non 4 groupes de 8 comme prévu initialement par les puissants du foot européen

  • On y retrouverait les huit quart-finalistes de l’édition précédente, les quatre demi-finalistes de la Ligue Europa, dix-huit équipes directement qualifiées via leur championnat et six dernières places accordées par l’intermédiaire de barrages

  • La France obtiendrait une 3ème place directement qualificative en C1

  • Pas de matchs le week-end

Les clubs pros n’étaient pas représentés, trois clubs se sont surtout fait remarquer : le PSG, Lyon et Marseille, qui se sont abstenus lors du vote.

D’après notre source, “l'OM, leur business model ne tient pas la route, et ils s'abstiennent. Aulas est très proche de Le Graët, et il s’abstient ? Paris, ce n’est pas très étonnant. Qu’ils aillent se faire voir !”.

Un sujet clivant idéologiquement et financièrement à même de développer encore un peu plus la côte d’impopularité du Paris Saint-Germain en province, et créer des schismes définitifs au sein du football hexagonal. Le Graët l’a bien compris et s’investit pleinement dans cette affaire, son dernier grand dossier avant de quitter la fédération par le haut.

Mais quel est le poids de la France face à l’ECA et son Président Andrea Agnelli (Président de la Juventus) ? De tout temps, l’association des plus grands clubs européens a dicté sa loi à l’UEFA.

Selon un document que Yahoo s’est procuré - un mémo UEFA-ECA signé et régulièrement renouvelé -, l’instance du foot européen a donné un droit de veto à l'ECA pour toutes les grandes décisions. Le texte est juridiquement emballé mais est simple à comprendre : si l'ECA n'est pas d'accord, le comité exécutif de l’UEFA ne peut passer outre.

Quels leviers le foot français peut-il lever ? A première vue, ses moyens de pression sont minces. Sa seule chance réside dans une internationale solidaire avec d’autres fédérations réfractaires ayant du poids, comme l’Allemagne notamment… La ligue allemande a expliqué mercredi qu’elle porterait l’action en justice si des matchs de Ligue des Champions étaient programmés en fin de semaine, en concurrence avec la Bundesliga.

Malgré toutes ces menaces, la Ligue fermée a de grandes chances de voir le jour à partir de 2024, car l’ECA semble avoir cette fois le soutien d’Alexander Ceferin, président de l’UEFA, et dont les intérêts convergent avec ceux d’Agnelli. Business is business.