Comment se refaire des amis? L'ultime défi pour réussir son changement de vie

"Je n’avais jamais été à Biarritz, je ne connaissais rien ni personne", raconte Manon, originaire de Lille, qui a rejoint Biarritz seule, à l'âge de 20 ans. (Photo: Boy_Anupong via Getty Images)

CHANGER DE VIE - À 20 ans, Manon a quitté sa ville de toujours, Lille, pour s’installer sur la côte basque, à Biarritz. “Je suis franco-italienne et l’envie de soleil de mon père m’avait martelé le cerveau. J’avais fini mes études et avant même de trouver un job, je me suis posée la question: où ai-je envie de vivre?”.

Un changement d’environnement radical, mais qui peut être difficile une fois sur place. “J’ai tout quitté. Mes potes étaient dans le Nord ou en région parisienne, je n’avais jamais été à Biarritz, je ne connaissais rien ni personne”, se rappelle Manon, qui a aujourd’hui 28 ans. Angle mort des changements de vie, la question des liens sociaux est en effet essentielle pour l’intégration dans un nouvel endroit.

Comme Manon, Muriel, 45 ans, et Émile, 38 ans, ont raconté ces dernières années au HuffPost leur changement de vie, ayant respectivement quitté Paris pour Nantes et la baie du mont Saint-Michel. Tous trois répondent aujourd’hui à la question: est-ce facile de se refaire des amis après un changement de vie, et comment s’y prendre? Une interrogation qui traverse bien des Français, alors que la pandémie de Coronavirus a provoqué de nombreux changements de vie.

L’importance du choix du lieu

“Je n’ai pas vraiment vu une différence dans mes relations sociales, Nantes est une grande ville, et qui reste assez proche de Paris”, débute Muriel qui a troqué son attache parisienne pour la capitale de l’Ouest. “En fait, je me doutais que c’était une ville où je me sentirais bien, car elle correspond à mes valeurs, ça n’a donc pas été étonnant qu’on s’y est vite fait des amis”, explique-t-elle.

Émile, qui a ouvert sa brocante et friperie en baie du mont Saint-Michel à l’été 2021, a choisi la région normande pour les attaches, notamment familiales, qu’il y avait déjà. “On s’est dit pourquoi aller dans un endroit qu’on ne connaît pas alors qu’ici on connaît l’environnement, mais on le connaît aussi socialement”, se souvient-il. À Nantes, Muriel avait également des amis qui s’y étaient déjà installés.

“Ça aurait été intéressant de s’installer dans une région où on ne connaissait personne, mais en plus de ce changement de lieu de vie, j’avais aussi mon projet entrepreneurial, ça faisait beaucoup. Ici, je savais qu’un certain nombre de commerçants, de personnes allaient me soutenir, et c’est d’ailleurs ce qu’il s’est passé”, poursuit l’ancien salarié.

Travail, activités, école: les lieux pour rencontrer

De son côté, Manon, elle, ne connaissait pas du tout Biarritz et n’y avait pas de connaissances. “J’avais juste échangé sur Instagram avec un gars qui est ensuite devenu un super pote”, se rappelle-t-elle. Mais elle n’a néanmoins pas eu de mal à s’intégrer dans la station balnéaire. “Je me suis vite fait des amis quand je suis allée travailler chez Quicksilver. Ça peut vraiment passer par ton taf, les collègues que tu rencontres”, met-elle en avant.

Pour Émile, son magasin est aussi devenu “le catalyseur des relations”. “Ça crée beaucoup de liens. Au fil de leurs visites, j’ai des clients qui deviennent des copains puis des amis. Et je m’entends bien également avec les autres professionnels”, complète-t-il.

Je pense qu’il faut multiplier les activités. Par exemple, si tu travailles depuis chez toi, pourquoi pas rejoindre un open space en ville, ou s’inscrire à des activitésManon

Manon, qui a cofondé le site Allons rider conseille: “Je pense qu’il faut multiplier les activités. Par exemple, si tu travailles depuis chez toi, pourquoi pas rejoindre un open space en ville, ou s’inscrire à des activités, etc.”. “Et si tu surfes comme moi, évidemment tu rencontres des gens”, ajoute-t-elle en riant.

Pour Muriel, des relations peuvent aussi se nouer par le voisinage ou l’école. “Quand les enfants sont petits, on rencontre facilement leurs parents à l’école, et certains peuvent devenir des amis. Ça serait différent si j’arrivais aujourd’hui, contrairement à il y a cinq ans, car ma fille est adolescente maintenant”, illustre-t-elle.

Retrouver régulièrement ses amis d’origine

En plus des rencontres spontanées, Manon a aussi utilisé les réseaux sociaux. La passionnée de sports de glisse, qui compte aujourd’hui plus de 160.000 abonnés sur son compte Instagram, raconte: “A l’époque j’avais 10.000 abonnés et j’écrivais des articles tous les jours, j’échangeais avec ma communauté et du coup, j’étais aussi facilement invitée à des événements”.

“Mes amis viennent aussi me voir régulièrement, notamment parce que c’est un peu une destination de rêve, ou alors on s’organise des voyages ailleurs. Aujourd’hui, on peut vraiment garder le lien avec les appels vidéo”, poursuit-elle. Muriel a également pris l’habitude de recevoir ses amis: “Ils adorent Nantes, et les relations changent, c’est plus intense, car on se voit moins souvent, mais plus longtemps”.

“On a un certain nombre de nos amis qui viennent, d’autres qui ont rejoint Nantes ou Granville, mais il y a quand même un éloignement, chacun est dans sa vie, surtout avec les enfants, ce n’est pas tout rose”, nuance Émile.

Des amitiés pas toujours faciles à nouer

Le commerçant souligne en effet que les nouvelles amitiés ne se nouent pas toujours facilement. “Pour ma femme, c’est plus compliqué par exemple. Elle est en télétravail, car elle bosse pour une ONG et on a un enfant en bas âge, donc on n’a pas une mobilité exceptionnelle, on ne peut autant sortir le soir qu’avant”, illustre-t-il.

Pour lui, le fait d’avoir un enfant peut renforcer l’isolement. “On n’a pas de famille sur place, ça ne s’arrête jamais en quelque sorte. Ça n’aurait pas forcément été différent à Paris, mais on aurait pu demander à des amis de le garder un soir pour sortir”, explique-t-il.

Manon confie également avoir connu quelques moments difficiles. “Au début, je ne voyais ma famille que tous les six mois donc c’était dur de ce côté-là, et c’est vrai que Biarritz est aussi un lieu de passage où tu peux te faire des amis puis te retrouver seul”, raconte-t-elle.

“Il faut avoir des liens solides quand on part en fait”, souligne Émile. “L’image qu’on a, souvent, c’est qu’en n’étant plus en ville, on a des horizons qui s’ouvrent, parce qu’on est plus proches de la nature, mais quand on part on est aussi plus resserrés sur le noyau familial”, tient-il à conclure, en guise de rappel.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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