"Pour les recruteurs, 60 ans, c'est la fin d'un parcours professionnel" : comment les seniors restent discriminés sur le marché du travail

franceinfo

Alors que le gouvernement réfléchit à repousser l'âge du départ à la retraite, seulement un senior de plus de 60 ans sur trois travaille, selon l'association Solidarités nouvelles face au chômage, qui publie jeudi son rapport annuel.

"Les recruteurs veulent des gens compétents et jeunes ; 60 ans, pour eux, c'est la fin d'un parcours professionnel." Le constat de Bernard*, sexagénaire et en recherche d'emploi, est sans appel. Alors que la réforme des retraites en préparation incite les seniors à travailler plus longtemps, ces derniers se retrouvent dans une situation "extrêmement paradoxale", relève l'association Solidarités nouvelles face au chômage, qui publie son rapport sur le chômage et l'emploi, jeudi 19 septembre. D'un côté, ils sont appelés à reporter l'âge de leur départ à la retraite et, de l'autre, ils sont confrontés à la défiance des employeurs, tant pour l'embauche que pour le maintien dans l'emploi.

L'obstacle de la "séniorité"

Selon l'enquête de l'association, l'âge reste le principal handicap des seniors sur le marché de l'emploi. Pour la majorité des employeurs, la "séniorité" s'atteint à 50 ans, voire 45 ans. Comme pour Bernard, 34% des personnes en activité déclarent avoir été confrontées à des discriminations liées à l'âge.

“Les recruteurs ont beaucoup d'a priori sur les seniors, comme le manque d'adaptabilité. Depuis 2008, faute de CDI, j'enchaîne les missions d'intérim plus ou moins longues. J'ai connu beaucoup d'entreprises différentes et je me suis toujours adaptée. Je considère même que l’adaptabilité fait vraiment partie de mes compétences. Mais les préjugés sont tenaces.”

Isabelle, 51 ans, en recherche d'emploi - Rapport sur l'emploi et le chômage

Pour les recruteurs comme pour les employeurs, l'âge serait synonyme de "difficultés à être managé ou à intégrer une équipe plus jeune", de "résistance au changement" ou encore d’une "faible capacité d'adaptation aux nouvelles technologies". Or, selon l'association, près de 9 seniors sur 10 se déclarent prêts à changer de fonction, 8 sur 10 sont disposés à une mobilité géographique et les trois quarts accepteraient de revoir leurs prétentions en matière de rémunération.

Un senior sur quatre travaille à temps partiel

Le taux d'activité, de 66,5% pour la tranche d'âge des 50-64 ans, chute de plus de la moitié passé la barre des 60 ans. En 2018, seulement 33% de la classe d'âge des 60-64 ans étaient en activité. Soit une (...)

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