Recrutement universitaire : « La prime au localisme et au clientélisme »

Par Olivier Beaud et Paolo Tortonese*
·1 min de lecture
Les professeurs d'université vont-ils être directement nommés par les présidents des facs ?
Les professeurs d'université vont-ils être directement nommés par les présidents des facs ?

Depuis quelques jours, le monde universitaire se mobilise fortement contre un amendement voté en catimini au Sénat, qui conduit à la suppression de la qualification par le Conseil national des universités (CNU) des candidats aux emplois de maître de conférences ou de professeur dans les universités. Pour résumer le problème, il suffit de dire qu'aujourd'hui, pour pouvoir concourir à un poste, un candidat doit d'abord obtenir la « qualification » dans sa discipline, décernée par la section compétente du Conseil national des universités (composé de 77 sections disciplinaires), qui évalue la qualité de ses travaux scientifiques. Cette institution, composée d'universitaires élus par leurs pairs aux deux tiers et nommés au tiers restant par le ministère, détermine en partie l'avenir des candidats, puisqu'elle décide si ceux-ci ont le droit ou non de se présenter devant les universités où ils seront éventuellement recrutés. Le CNU est un « filtre », qui examine tous les ans des milliers de candidatures, notamment celles des nouveaux docteurs. Cela déplaît aux défenseurs d'une dérégulation du système, selon lesquels il faut imiter le système américain, et se débarrasser d'une contrainte centraliste typiquement française. A contrario, les défenseurs du CNU objectent qu'en France, la centralisation garantit la liberté contre les despotismes locaux.

Contre-pouvoir

En réalité, le système actuel réalise un équilibre en faisant jouer pouvoirs et contre-pouvoirs : l'insta [...] Lire la suite