Recrudescence d'actes antisémites dans le nord de l'Italie

En 2018, 197 actes à caractère antisémite, soit 60% de plus par rapport aux deux années précédentes, ont été officiellement recensés par l’Observatoire de l’antisémitisme transalpin. Les nouveaux chiffres ne sont pas encore publiés. Mais le phénomène est clairement en recrudescence. En particulier dans le nord de l’Italie où les habitants d’une commune de la province d’Udine déplorent un nouvel outrage.

Avec notre correspondante à Rome, Anne Le Nir

À San Daniele del Friuli, petite ville du Frioul-Vénétie-Julienne, un mur de la maison d’une famille dont plusieurs membres ont été déportés à Auschwitz, en 1944, a été recouvert d’une croix gammée.

Quelques jours avant, dans cette même commune, quatre conseillers municipaux avaient reçu une lettre anonyme sur laquelle étaient écrits ces mots « 75 ans après, un juif est toujours un juif ».

Les associations culturelles locales ont organisé un flash mob pour exprimer leur indignation. Tandis que l’ensemble de la classe politique a condamné cet énième acte de haine envers les juifs et réitéré son soutien à la sénatrice milanaise Liliana Segre, une rescapée d’Auschwitz. Âgée de 89 ans, cette militante de la mémoire de la Shoah, qui a fait l’objet de centaines de menaces de mort, est sous protection policière depuis trois mois.

Selon le rapport de l’Institut Eurispes, publié le 30 janvier, 16 % des Italiens nient la Shoah contre moins de 2,7 % en 2004.