Le recours à l'arme nucléaire, une étape crédible de la doctrine russe

Des manifestants pour la paix portent des masques du président Vladimir Poutine et de Joe Biden, avec dans les mains de faux missiles nucléaires, le 29 janvier 2021 devant la porte de Brandebourg à Berlin. | John MacDougall / AFP
Des manifestants pour la paix portent des masques du président Vladimir Poutine et de Joe Biden, avec dans les mains de faux missiles nucléaires, le 29 janvier 2021 devant la porte de Brandebourg à Berlin. | John MacDougall / AFP

Ce 21 septembre, Vladimir Poutine a réitéré une menace qu'il avait déjà exprimée fin février, au tout début de l'invasion de l'Ukraine, quand il avait mis en état d'alerte les unités des forces armées russes en charge des armements nucléaires: si l'intégrité territoriale de la Russie est menacée, a-t-il assuré, il n'exclut pas le recours aux armes nucléaires.

Au moment même où, à New York, les chefs d'État du monde entier se succèdent à la tribune de la 77ᵉ Assemblée générale des Nations unies, appelant à la cessation des hostilités, il choisit, lui, de reprendre l'offensive en franchissant un nouveau cran dans la rhétorique très codée de l'arme nucléaire.

Le scepticisme des Occidentaux est-il justifié?

Face à ce qu'ils considèrent comme une récidive ou une rechute, les Occidentaux se partagent à nouveau entre incrédulité horrifiée et scepticisme inquiet. Le sérieux des déclarations du président russe est, comme en février, mis en doute. «Bluff», «dérapage», «outrance», «exagération», etc.: les interprétations visant à minimiser le risque nucléaire vont bon train.

Les sceptiques ont raison de souligner qu'un usage –même circonscrit– de l'arme nucléaire aurait des conséquences dévastatrices pour Vladimir Poutine: il serait immédiatement privé de ses soutiens –déjà réticents– en Chine et en Inde; il s'exposerait à une très large réprobation interne, à l'heure où l'opposition à la guerre se manifeste dans les rues (quelque 1.300 personnes ont été interpellées au soir du 21 septembre); et, surtout, il risquerait une réplique directe de la part des puissances nucléaires qui soutiennent l'Ukraine: États-Unis, Royaume-Uni et France.

À LIRE AUSSI La France pourrait-elle utiliser son arme nucléaire pour défendre la Finlande?

Faut-il pour autant congédier comme irréel le spectre d'une...

Lire la suite sur Slate.fr.