Record du monde d'altitude pour un mammifère

Céline Deluzarche, Journaliste

Jusqu’où ira-t-elle ? Après avoir été aperçue à 6.200 mètres d’altitude en 2013 (voir l'article ci-dessous), la petite souris à oreilles jaunes (aussi appelé souris à oreilles fourrées de Patagonie, Phyllotis xanthopygus) a été capturée en février 2020 à 6.739 mètres, tout au sommet du volcan Llullaillaco, un volcan de la Cordillère des Andes, à la frontière entre l’Argentine et le Chili. Sur les traces du rongeur depuis de nombreuses années, le biologiste de l’Université du Nebraska Jay Storz et son ami alpiniste Mario Perez Mamani ont réussi à filmer et à saisir la souris, qui s’était réfugiée sous un rocher.

Froid, manque d’oxygène et de nourriture : des conditions de vie extrêmes

Même dans l’Himalaya, personne n’a jamais vu un quelconque mammifère s’aventurer aussi haut. Et pour cause : l’environnement y est particulièrement hostile, avec des températures extrêmes, une très faible quantité d’oxygène et l’absence totale de nourriture. Certains oiseaux et mammifères ont adapté leur physiologie pour supporter la vie en altitude, mais ne peuvent pas vivre de façon permanente sans végétation ni insectes. Alors, de quoi se nourrit la petite souris, trouvée à plus de 2.000 mètres au-dessus du dernier brin d’herbe ?

La question reste en suspens. Quoi qu’il en soit, « cette nouvelle découverte montre que nous sous-estimons les limites physiologiques des petits mammifères », écrit Jay Storz dans son compte-rendu, mis en ligne sur la plateforme scientifique bioRxiv. Parce que les biologistes s’aventurent rarement sur les plus hauts sommets du monde, il est possible que d’autres êtres vivants y aient trouvé un refuge à l’abri des regards.

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