Une concentration record de micro-plastiques mesurée dans les fonds marins

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99% du plastique présent dans les océans se trouve en aux profondes.

Une étude menée par des chercheurs européens montre que l’écrasante majorité du plastique qui pollue les mers et océans du globe ne se trouve pas en surface. Des niveaux alarmants de micro-particules ont notamment été relevés dans certains fonds marins.

Le tristement célèbre “continent de plastique” qui flotte dans l’océan Pacifique ne serait donc que la (minuscule) partie émergée de l’iceberg... Ces dernières années, la pollution massive des mers et océans du globe par le plastique issu des déchets humains a largement été médiatisée, mais selon une étude menée par sept chercheurs européens, l’ampleur des dégâts est encore plus inquiétante que prévu.

Seulement 1% du plastique marin se trouve en surface

En tentant de comprendre comment les différents courants marins disséminent les déchets plastiques dans les eaux du globe, les auteurs de cette étude ont en effet constaté que les accumulations observables en surface représentent seulement 1% de la quantité totale de “plastique marin”. Les 99% restants, principalement constitués de microplastiques, sont emportés en eaux profondes par différents mécanismes de courants, qu’ont cherché à analyser les sept chercheurs européens.

Notre étude montre comment des études détaillées des courants de fond peuvent nous aider à relier les voies de transport des microplastiques dans les eaux profondes et à trouver les microplastiques ‘manquants’”, explique le Docteur Mike Clare, du Centre Océanographique National du Royaume-Uni, dans un article publié sur Science Daily. Les résultats de ces modélisations montrent qu’une grande partie de ces déchets finissent par se déposer sur le plancher océanique.

Le plastique est devenu un nouveau type de particule sédimentaire

C'est regrettable, mais le plastique est devenu un nouveau type de particule sédimentaire, qui se répartit sur les fonds marins avec le sable, la boue et les nutriments, affirme le Docteur Florian Pohl, de l’Université de Durham. Ainsi, les processus de transport des sédiments, tels que les courants thermohalins (courants des fonds marins, ndlr), vont concentrer les particules de plastique à certains endroits du fond marin, comme le montrent nos recherches.

Dans les profondeurs des océans, il existe donc des zones encore plus polluées qu’à la surface. “Tout le monde ou presque a entendu parler des tristement célèbres plaques de déchets flottants dans l’océan, mais nous avons été choqués par les fortes concentrations de microplastiques que nous avons trouvées dans les fonds marins”, témoigne le Docteur Ian Kane, de l’Université de Manchester.

La biodiversité des eaux profondes directement impactée ?

Les chercheurs ont ainsi identifiés des “points chauds” créés par les courants thermohalins où la concentration en microplastique monte jusqu’à 1,9 million de particules par mètre carré ! Or, comme le souligne l’étude, “ces courants sont connus pour fournir de l'oxygène et des nutriments au benthos (ensemble des organismes aquatiques, ndlr) des eaux profondes, ce qui suggère que les points chauds de la biodiversité des eaux profondes sont également susceptibles d'être des points chauds des microplastiques.

Alors que 10 millions de tonnes de déchets plastiques sont rejetées dans l’océan chaque année, il est urgent d’agir à l’échelle internationale. “Les résultats de notre étude soulignent la nécessité d'interventions politiques pour limiter le flux futur de plastiques dans les environnements naturels et minimiser les impacts sur les écosystèmes océaniques", indique ainsi le Docteur Mike Clare.

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