La reconnaissance faciale va-t-elle virer au cauchemar ?

De Pékin à Shanghai, chaque citoyen est désormais noté. S’il jette un mégot ou traverse au feu rouge, s’envolent ses chances de décrocher un job couru ou de prendre l’avion. Ce système orwellien repose quasi entièrement sur la reconnaissance faciale. Chez nous, pour l’instant, rien de comparable. Mais demain ? Capital a réuni deux experts pour y voir plus clair.

Capital : La reconnaissance faciale est-elle une chance ou une menace ?

Raphaël de Cormis* : Comme toute technologie, la reconnaissance faciale est, en soi, neutre. Tout dépend de la manière dont on l’utilise. Ses premiers développements datent d’il y a une trentaine d’années, mais, avec sa démocratisation, on assiste à un retour de l’imaginaire cyberpunk des années 1970-1980, certains craignant d’être espionnés de toutes parts. On peut le comprendre. Mais il faut savoir que la très grande majorité des projets en la matière se font sans aucune base de données, sans fichier d’aucune sorte. La plupart du temps, et c’est d’ailleurs le cas des sas de passage aux frontières Parafe de Gemalto, qui sont déployés dans les aéroports français, les caméras à reconnaissance faciale se contentent de vérifier si votre visage correspond aux indicateurs biométriques qui figurent déjà, de manière codée, sur votre pièce d’identité. Elles ne collectent ni ne transmettent rien.

Gaspard Koenig** : Je suis d’accord sur l’idée que toute technologie est, en principe, neutre. Du reste, la reconnaissance faciale est, en soi, intéressante, et même assez miraculeuse. Néanmoins, si elle suscite la polémique encore plus que les autres formes d’intelligence artificielle (IA), c’est justement parce qu’elle touche au visage. Or le visage, "la visagéité", comme disait le philosophe Gilles Deleuze, est le reflet de notre identité la plus profonde, de notre moi intime. Quand on utilise la reconnaissance faciale pour déverrouiller son téléphone, ou quand un gouvernement vous propose cette option pour accéder plus simplement à des services administratifs,

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