Reconfinement: pourquoi Macron a écarté ces autres options

Anthony Berthelier
·Journaliste au HuffPost
·4 min de lecture

COVID-19 - C’est donc un confinement général. Emmanuel Macron a annoncé, ce mercredi 28 octobre, les nouvelles mesures de restriction imposées à la population pour lutter contre la deuxième vague de coronavirus. “Nous sommes submergés par l’accélération soudaine de l’épidémie”, a reconnu le chef de l’État en décrivant un confinement “adapté” par rapport à celui du printemps dernier, les écoles restant notamment ouvertes.

Les bars, restaurants ou commerces jugés “non-essentiels” vont eux devoir fermer, partout sur le territoire. Exit le confinement partiel, le confinement générationnel, le couvre-feu étendu... ces options, moins dures que celle finalement retenue, ont été envisagées, jugées parfois “pertinentes” mais écartées. Et Emmanuel Macron en a expliqué les raisons, comme vous pouvez le voir dans notre vidéo en tête d’article.

Pas de confinement des seules personnes à risque

Portée par certains médecins, à la marge, et des éditorialistes, l’idée d’un confinement partiel, consistant à isoler uniquement les personnes à risques, n’a pas été retenue pour plusieurs raisons.

“Cette voie n’est pas, au moment où je vous parle, utilisable”, a tranché le chef de l’État, expliquant: “elle suppose une discussion éthique. Mais d’une part, nos ainés comme les personnes vulnérables ont souvent besoin d’une assistance extérieure. (...) Certains vivent avec leurs proches, leurs enfants. Créer une forme de bulle autour d’une génération, comme une barrière n’est pas réaliste et à ce stade insuffisant.”

“D’autre part, le virus se développe aussi et développe des formes graves chez les plus jeunes. Et donc confiner les seules personnes âgées est inefficace parce que le virus circulerait encore trop vite”, a ajouté Emmanuel Macron.

“Tester, alerter, protéger” n’est plus suffisant

Tout en défendant sa stratégie, notamment en matière de test -et ce malgré les difficultés notoires rencontrées par les Français au cours de l’été-, le chef de l’État a expliqué que le triptyque “tester, alerter, protéger” n’était plus efficace, devant l’ampleur de la seconde vague épidémique.

“Si ce système peut être efficace avec quelques milliers de cas par jour, nous avons aujourd’hui entre 40 et 50.000 contaminations quotidiennes dépistées. Ce système n’est plus efficace, aucun pays européen ne le retient plus aujourd’hui”, a-t-il argumenté.

Pas d’immunité collective

Le président de la République a également balayé la stratégie dite de “l’immunité collective”, lorsque 50 à 60% de la population a été contaminée. “Le conseil scientifique a évalué les conséquences d’une telle décision, elles sont implacables. À très court terme, cela signifie le tri entre les patients à l’hôpital et d’ici quelques mois, c’est au moins 400.000 morts supplémentaire à déplorer”, a expliqué Emmanuel Macron.

“Jamais la France n’adoptera cette stratégie, jamais nous laisserons mourir des centaines de milliers de nos concitoyens. Ce ne sont pas nos valeurs.”

Et les lits de réanimation?

C’est une des demandes récurrentes des oppositions, de droite, comme de gauche: pourquoi le gouvernement n’a-t-il pas augmenté, massivement, les lits de réanimation dans les hôpitaux?

“Nous sommes en train de le faire, mais là non plus ce n’est pas une bonne réponse”, a répondu le chef de l’État au cours de son allocution. “Nous avons les stocks de médicaments, tout le matériel nécessaire, nous avons appris de nos insuffisances, de nos manques durant la première phase, nous avons aussi formé 7000 infirmiers et médecins pour travailler en réanimation”, a-t-il ajouté en promettant de passer les capacités de réanimation à 10.000 lits sur le territoire. Elles sont aujourd’hui de moins de 6000.

Mais tout ceci “n’est pas suffisant”, face à la seconde vague, selon les mots du président de la République qui a repris les arguments développés par son ministre de la Santé sur le temps de formation des soignants: “il faut 10 ans pour former un anesthésiste. Il n’y a pas de solution magique, nous ne pourrons pas créer en dix mois une capacité totalement différente.”

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.