Reconfinement en France: une «troisième voie» mais quel coût pour les entreprises?

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Un Français sur trois est désormais reconfiné face à la troisième vague de Covid-19 en France. Le Premier ministre a présenté, le 18 mars, une liste de 16 départements touchés par de nouvelles restrictions sanitaires. Or, ces mesures, qui ont pour objectif de donner un peu d'air aux hôpitaux, ont aussi un coût économique.

Après les deux premiers confinements, celui très strict du printemps 2020, puis celui, plus souple, de l'automne, l'exécutif a donc choisi une « troisième voie ». Afin de réduire les occasions de contacts dans les lieux clos, les commerces non essentiels devront baisser le rideau. Environ 110 000 commerces sont concernés par cette fermeture. Mais pas les salons de coiffure, ni les librairies, ni encore les magasins de disques.

Ces restrictions pèseront sur les finances publiques. Les mesures de soutien coûteront 1,2 milliard d'euros par mois à l'État, en plus des sommes déjà dépensées. Ainsi, 600 millions d'euros seront destinés à compenser une partie de la perte d'activité subie par les petites entreprises et les indépendants et 400 millions seront utilisés pour couvrir le chômage partiel. Enfin, les 200 millions restants serviront à des exonérations de charges, selon Bercy. Ces nouvelles restrictions sanitaires pourraient coûter à l'économie française 0,2% de son produit intérieur brut annuel.

Coup dur supplémentaire pour les commerces non essentiels

Les organisations patronales ont mis en garde, ce 19 mars, contre les conséquences économiques de ce reconfinement, qui concerne 16 départements, dont ceux d'Île-de-France. « Ce reconfinement ne tire pas les leçons des précédents et aura évidemment des conséquences sur les entreprises et sur le moral des entrepreneurs et des salariés des régions concernées, qui représentent des millions d'emplois et pèsent 40% du PIB français », a réagi le Medef.

Il s'agit même d'un coup de massue pour ces activités déjà très affaiblies par la crise, estime Daniel Weizmann, président du Medef Île-de-France.

De son côté, la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) demande la mise en place de nouvelles mesures de soutien comme une compensation pour dépréciation des stocks et une prise en charge réelle des loyers, déjà prévue dans le cadre de la prise en charge des frais fixes, mais uniquement pour les entreprises réalisant, sauf dans quelques cas particuliers, plus d'un million d'euros de chiffre d'affaires. À défaut, la CPME craint que certaines filières comme celle de l'habillement indépendant, par exemple, « ne viennent purement et simplement à disparaître ».

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