Reconfinement : les commerçants désemparés

Depuis l'ouverture de son salon de coiffure, jeudi 29 octobre, le téléphone sonne sans-arrêt : Hervé Dervillé, le gérant, a refusé 40 clients en une heure et demie. Dès l'allocution d'Emmanuel Macron, mercredi 28 octobre, il a rappelé son personnel en congés et décidé de travailler jusqu'au dernier moment. Il va coiffer 60 personnes aujourd'hui, soit deux fois plus que d'habitude. "On va fermer très tard, jusque 23h/23h30 et dorénavant on ne peut plus prendre personne, car le carnet de rendez-vous est complet jusque ce soir. C'est encore du chiffre d'affaires qui s'envole, on espère pouvoir faire face", explique Hervé Dervillé. Le désarroi des commerçants Le responsable d'une boutique de chaussures à Amiens (Somme), vient de faire rentrer 200 000 euros de marchandise. La décision est brutale selon Marie Pilette, salariée de la boutique : "Il [Emmanuel Macron] aurait pu finir le week-end, qu'on commence à partir de lundi. On aurait eu le week-end pour travailler". De leur côté, les libraires ne cachent pas leur désarroi : "On espérait, nous, libraires, être autorisés à ouvrir. Parce que les théâtres et cinémas sont fermés, la librairie est le seul point d'accès à la culture, facile et sans danger", explique Anne Martelle, directrice d'une librairie.