Reconfinement: à l'Assemblée, Castex s'emporte contre les députés opposés à la fermeture des commerces

Jules Pecnard
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Le Premier ministre, Jean Castex, à l'Assemblée nationale le 3 novembre 2020 - AFP / Stéphane de Sakutin
Le Premier ministre, Jean Castex, à l'Assemblée nationale le 3 novembre 2020 - AFP / Stéphane de Sakutin

Lors des séances de questions au gouvernement, il est souvent conseillé aux ministres de renoncer à leurs fiches. Une fois n'est pas coutume, c'est ce qu'a fait Jean Castex ce mardi à l'Assemblée nationale pour répondre, de façon véhémente, à Jean-Christophe Lagarde. Accusé de toutes parts d'asphyxier les petits commerces fermés à cause du confinement, le Premier ministre a reproché à certains députés d'appeler les maires "à violer les lois de la République".

"Le confinement, vous le savez toutes et tous, consiste à faire en sorte que le maximum de nos concitoyens restent chez eux pour casser la progression épidémique et l'arrivée dans les services d'urgence", a-t-il d'abord réexpliqué au président de l'UDI.

"Mesures courageuses"

Jean Castex s'est ensuite fortement agacé, pointant du doigt les bancs de la droite et du centre, de leurs arguments supposément contradictoires. La deuxième vague de Covid-19 "suppose donc qu'on limite à l'essentiel nos déplacements", a-t-il rappelé, avant de poursuivre:

"L'essentiel, c'est le travail, comme pour la première vague! C'est - et (...) vous me l'aviez tous demandé! - de ne pas fermer les écoles et les établissements d'enseignement. (...) Évidemment, c'est de s'alimenter, c'est-à-dire les commerces de première nécessité. Allez au-delà, (...) il faut le dire, c'est ne plus faire de reconfinement!"

Et le Premier ministre de viser spécifiquement Jean-Christophe Lagarde, exprimant sa solidarité vis-à-vis des commerçants qui traversent une période difficile. "Je ne comprends pas que vous ayez envoyé aux adhérents de votre formation politique, aux maires, une demande leur suggérant vivement de prendre des arrêtés pour s'opposer aux décisions de l'état d'urgence sanitaire", a-t-il lancé avant de se lancer dans une tirade excédée:

"Quand les Françaises et les Français sont dans la difficulté, quand la situation exige des mesures courageuses et nécessaires, quand la République est confrontée à la plus grave crise sanitaire qu'elle ait subie depuis des décennies, on n'appelle pas les maires, serviteurs de la République, à violer les lois de la République! Ça n'est pas possible!"

Article original publié sur BFMTV.com