"Tout recommencer encore et encore, ce n'est pas une vie" : dans le Var, les victimes des inondations épuisées par les catastrophes à répétition

Camille Adaoust

"On ne peut pas vivre comme ça, c'est pas possible. Tout est pourri." Le visage déconfit et fatigué, Dominique, 74 ans, nous fait visiter sa maison située au bord de l'Argens et dévastée par les récentes inondations à Roquebrune-sur-Argens (Var). Dans la nuit du vendredi 22 au samedi 23 novembre, elle et son mari sont partis de chez eux en catastrophe. Trois jours plus tard, mardi, elle redécouvre son foyer. "L'eau est montée, montée. Il y a la marque sur les volets", décrit-elle, en pointant une trace boueuse à la hauteur de ses épaules. Une fois dans sa maison, ses bottes en caoutchouc couinent dans la boue. On ne voit presque plus le carrelage du salon. Toutes ses affaires sont imbibées d'eau et teintées de marron. Ses murs forment des cloques et s'effritent. "Il ne nous reste plus rien."

Elle n'est pas seule dans cette situation. A Roquebrune, de nombreux habitants ont été touchés par cet épisode méditerranéen intense. Comme Edouard, gérant du Restaurant du lac, au bord du fleuve. "Là, tout est détruit, c'est l'ouragan", souffle-t-il en observant les dégâts. Chaises, tables, décorations… Tout est étendu dans de larges flaques de boue. "L'eau est montée à environ deux mètres dans le restaurant", raconte-t-il. Derrière l'établissement, des voisins nettoient eux aussi les ravages des inondations, entourés de dizaines de (...)

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